La colocation sénior-étudiant, comment ça marche ?
Les loyers explosent + la France vieillit = … la colocation, évidemment, entre seniors et étudiants ! L’idée était déjà bien installée en Espagne quand Aude Messean, fondatrice et directrice de la principale association qui gère ces binômes d’un nouveau genre, a décidé de lancer « le pari solidaire ». Et ne vous dîtes pas : « je suis trop jeune », « je suis trop vieux » pour oser y penser, encore moins « je suis trop ours » : chacun peut trouver sa moitié, et voilà comment…
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Pour le jeune senior : vive la compagnie !
On peut avoir 50 ou 60 ans, ne pas souhaiter déménager et avoir du mal à boucler ses fins de mois, d’où l’intérêt d’un complément financier aux alentours de 300 euros. Mais évidemment, on ne saurait cohabiter par intérêt financier uniquement. La plupart des seniors désireux de céder une chambre ont eu des enfants, partis vivre leur vie ou à l’étranger pour un an et plus, et peut-être un conjoint dont ils sont séparés. Ils aiment le charme de la compagnie, la vie dans l’appartement, sans souhaiter pour autant se remettre en ménage : louer un bout de chez soi n’implique pas de faire tout ensemble !
Devoirs et obligations : tout dépend de l’âge de l’âge du senior !
La doyenne des senior hebergeantes a 104 ans, et elle a opté pour la « formule solidaire », alors que les plus jeunes adoptent la « formule conviviale ». Dans la formule solidaire, l’étudiant paie moins, mais prend des engagements : rentrer chaque soir vers 19h, partager au moins une heure avec son hôte, rester présent un week-end sur deux et la moitié des vacances, vérifier que tout va bien (médicaments pris, bon moral etc). Ces petits soins font que la chambre est moins chère, une centaine d’euros. Dans la « formule conviviale », le senior, plus jeune, n’a besoin d’aucune vigilance particulière. L’étudiant est libre de ses mouvements, à une exception près : dans les deux formules, il peut recevoir un bon camarade pour réviser en silence mais en aucun cas un flirt.
Le profil des candidats : du sur mesure ou presque
Il va de soi que c’est dans les grandes villes que les réseaux fonctionnent, et qu’ils ont de l’intérêt à cause du tarif des loyers. Ce sont aussi les étudiants les principaux candidats mais il peut y avoir des exceptions : une médecin iranienne de 38 ans venue quelques mois pour un stage de perfectionnement a ainsi trouver âme senior sœur. La plupart des hébergés sont des jeunes filles tout simplement parce que la plupart des hébergeantes sont des femmes et préfèrent une compagnie de leur sexe mais il y a des exceptions : celle-ci a élevé quatre filles et rêvait d’un garçon ; celle-là n’aime pas les jupons, etc. On « marie » les seniors et les juniors selon leurs affinités : un étudiant à sciences-po avec un ex diplomate ou une infirmière chez une ex médecin, par exemple (ou par affinités culturelles).
L’intérêt réciproque des familles
Pour la famille du senior, savoir une présence près de son parent esseulé ou âgé est rassurant, et dispense de passer d’incessants coups de fil avec la peur au ventre (est-il tombé du lit ? Reste-t-il du lait dans le frigo ? etc) Pour la famille du junior, c’est l’assurance d’une vie plus saine et plus joyeuse : une maison bien chauffée et meublée, qui a déjà son rythme, l’électricité en bon état de marche, un grand frigo dont on a une partie et qui n’empêche pas d’emprunter un yaourt en cas de panne, le jeune exilé (qui vient souvent de province) ne sera pas perdu. Autrement dit, c’est rassurant pour tout le monde.
Et si ça ne marche pas ?
Comme dans toute cohabitation, le risque est l’incompatibilité d’humeur, mais normalement, les cas acariâtres sont éliminés d’office. Les parties s’engagent pour un an renouvelable, s’acquittent d’une cotisation annuelle d’une dizaine d’euros par mois (une fois que le contrat est signé), et peuvent résilier le bail avec un mois de préavis. C’est même ainsi que sont repérés les « cas », ceux avec qui ça ne marche jamais, junior ou senior mais en réalité, la bonne nature des uns et des autres est dans le concept : si l’on a envie de côtoyer son prochain, c’est que l’on est sociable ! Et puis petite info, Aude Messean, fondatrice de la plus grosse association, est une ancienne directrice de casting célèbre : autrement dit, en matière de feeling humain, elle a fait ses preuves !
A qui s’adresser :
A Paris : www.leparisolidaire.com/ ; 01 42 27 06 20
En province : www.resaucosi.com
Et aussi, à signaler, un autre mode de cohabitation, entre seniors : www.cocon3s.fr
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Commentaires (6)
KrystL | il y a 3 mois Signaler un abus Signaler un abus
Tu sais Chantal je pense que c'est différend de vivre avec des grands-parents et avec SES grands-parents ! Forcément je me sentirais moins libre avec ma grand-mère qu'avec une vieille dame que je ne connais pas et surtout qui ne connaît pas mes parents !
Chantal50 | il y a 3 mois Signaler un abus Signaler un abus
Mon fils est actuellement en colocation avec des amis à lui, mais je ne suis pas sûre qu'il profiterait autant de son indépendance s'il vivait avec un couple de séniors.
Etant jeune j'ai longtemps vécu avec mes grands-parents et je n'en garde pas que de bons souvenirs. Je suppose que l'expérience vaut le coup si tout le monde reste jeune d'esprit.
KrystL | il y a 3 mois Signaler un abus Signaler un abus
C'est sûr que pour aller à New-York je serais prête à une colocation avec n'importe qui. C'est mon rêve !!!
bill53 | il y a 3 mois Signaler un abus Signaler un abus
J'ai des amis qui sont partis à New York chez une veille dame ça été une réussite !!
poupoule31 | il y a 4 mois Signaler un abus Signaler un abus
Moi aussi, j'ai vécu avec une petite grand-mère pendant quelques mois, moi ça m'arrangeait (j'étais plus près de mon université), elle ça lui faisait de la compagnie. Je ne regrette vraiment pas.
carambar31 | il y a 4 mois Signaler un abus Signaler un abus
Quand j'étais à la fac, je l'ai fait pendant 1 an et j'en garde de bons souvenirs.
Avec ma mamie-coloc, on discutait jusque tard dans la nuit.
C'était vraiment sympa.