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Armstrong forte tête

Publié le 02 octobre 2008 à 17h21 par Yannick SAGORIN

Lance Armstrong entend oublier le passé. Le septuple vainqueur de la Grande Boucle a refusé mercredi l'idée de soumettre ses échantillons prélevés durant le Tour de France 1999 à une nouvelle analyse de l'Agence française de lutte contre le dopage. Cette année là, les contrôles effectués sur le coureur américain s'étaient avérés suspects selon une enquête du quotidien L'Equipe.

Lance Armstrong ne veut plus entendre parler d'éventuelles révisions de ses analyses de 1999. - Reuters
Lance Armstrong ne veut plus entendre parler d'éventuelles révisions de ses analyses de 1999. (Reuters)


C'était l'occasion ou jamais. Mardi, l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD), par la voix de son président Pierre Bordry, avait offert sur un plateau à Lance Armstrong l'opportunité de prouver une bonne fois pour toutes que les attaques dont il est l'objet depuis près de 10 ans ne sont qu'infamie, jalousie et diffamation. La proposition était simple et honnête: il s'agissait de réanalyser les six échantillons urinaires de l'Américain prélevés sur la Grande Boucle 1999, celui de son premier triomphe sur les Champs-Elysées.

Afin d'amadouer l'intéressé, l'AFLD avait même pris soin de lui octroyer une marge de manoeuvre confortable. Ainsi Armstrong pouvait-il nommer l'expert de son choix pour chapeauter ce projet et, histoire de ménager la susceptibilité de l'ancien patron du Tour, écarter de l'opération le fameux laboratoire de Châtenay-Malabry - celui que le controversé Floyd Landis avait jugé anti-Américains tandis qu'il se trouvait dans l'oeil du cyclone - au profit d'un autre laboratoire accrédité par l'Agence mondiale antidopage (AMA).

Le rapport Vrijman pour bouclier

Dans un communiqué diffusé mercredi, l'AFLD rappelait enfin que le Texan se trouvait désormais à l'abri de toute procédure disciplinaire, quel que soit le verdict éventuel. Ce compte tenu du délai de prescription de huit ans dicté par le code mondial antidopage. Peine perdu. En dépit de toutes ces attentions, Lance Armstrong n'a pas jugé bon de se mettre en danger: "Je n'ai tout simplement pas à donner mon autorisation puisque rien ne pourra désormais prouver quoi que ce soit à propos de 1999", relayait le New York Times ce jeudi matin.

Hier, Mark Wiggins, le responsable de la communication de l'Américain, livrait en avant-première la position de son patron, renvoyant les détracteurs d'Armstrong et les curieux au rapport Vrijman. Une étude commanditée par l'UCI, mais à l'indépendance douteuse selon l'AMA, qui avait jeté le discrédit en mai 2006 sur les analyses accablantes effectuées rétrospectivement par le laboratoire de Châtenay-Malabry en 2004. Du pain béni pour Lance Armstrong qui continue aujourd'hui encore à ériger ce rapport en ligne de défense: "Les échantillons des Tours de France 1998 et 1999 n'ont pas été conservés correctement. Même il y a trois ans, leur analyse n'avait pu fournir de résultats probants."

Faux, réplique l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD), qui assure ce jeudi que les échantillons de la discorde "ont toujours été conservés dans les conditions garantissant leur intégrité." En attendant, Lance Armstrong, qui s'était promis de jouer la carte de la transparence la semaine passée à l'annonce de son retour aux affaires, le tout flanqué d'un chaperon pour superviser son programme antidopage personnel, a manqué une bonne occasion d'honorer ses bonnes résolutions. De là à en déduire un aveu de culpabilité...


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