Bettini lave l'affront
Publié le 12 septembre 2008 à 10h29 par STEPHANE DHJAN
Piqué au vif après l'arrivée quelques heures plus tôt de Stefan Schumacher chez Quick Step, Paolo Bettini a envoyé un message fort à sa formation en remportant jeudi la 12e étape de la Vuelta, sa deuxième sur ce tour, devant Cunego et Rebellin. Relégué à plus de 3 minutes, Valverde a probablement fait une croix sur le sacre final. Au général, Egoi Martinez enfile à nouveau le maillot or de leader.

Après sa victoire lors de la 6e étape, Paolo Bettini décroche ici son deuxième succès sur ce tour. (Reuters)
La bombe médiatique Lance Amstrong est retombée sur la Vuelta. Au lendemain de l'annonce du retour à la compétition du septuple vainqueur du Tour de France, la routine a réinvesti le quotidien d'un peloton campé à Burgos à l'occasion de la 12e étape. Un répit de courte durée tant la mauvaise opération enregistrée aujourd'hui par Alejandro Valverde, quasiment hors course pour le triomphe final, devrait faire couler beaucoup d'encre. Paolo Bettini, lui, n'en a cure. Vainqueur de sa deuxième étape du tour, l'Italien ne manquera pas d'interpeler ses dirigeants, au premier chef Patrick Lefèvre, le directeur sportif de la Quick Step.
Car avant de s'élancer sur les routes de Castille-et-Léon, le champion du monde apprenait avec stupeur la prochaine arrivée au sein de la formation belge de l'Allemand Stefan Schumacher. Et ce, alors même que Patrick Lefèvre avait récemment refusé au Transalpin une revalorisation salariale. Restriction budgétaire oblige. Le Toscan ne se fît donc pas prier pour étaler ses états d'âme au grand jour. Extrait. "L'ensemble du budget est vraisemblablement destiné à lui, pestait l'Italien ce jeudi dans La Gazzetta dello Sport. Il n'y a rien pour moi. Je suis blessé, je ne mérite pas un tel traitement. Je ne continuerai donc pas ma carrière ici." Ambiance.
Valverde perd pied
Le temps de retrouver ses esprits que le tour reprenait ses droits. Si soleil et sécheresse cartonnaient en tête du hit parade depuis l'entame de cette Vuelta, rendant quelques fois très pénible le déroulement de la course, les conditions météorologiques de cette 12e levée n'avaient rien d'enthousiasmantes, puisque la pluie et la fraîcheur (14°C) faisaient une entrée fracassante sur les routes espagnoles. Au courage, trois hommes, les deux français Sébastien Hinault et Sandy Casar et l'Italien Manuel Quinziato, parvenaient tout de même à se détacher du peloton dès le 10e kilomètre.
Un trio de tête qui s'engageait sur les allées étroites et sinueuses du col de l'Alto de Bocos, profitant du relâchement patent du peloton pour creuser l'écart (4'). Tour à tour, Lampre, la Caisse d'Epargne et Quick Step se relayaient à l'avant du peloton pour contrôler l'échappée. Une organisation payante puisqu'avant d'entamer la deuxième difficulté du jour, le sommet du Portillo de Lunada, les fuyards perdaient un peu moins de deux minutes d'avance (2'50").
L'issue de l'échappée ne faisait d'ailleurs quasiment plus aucun doute au fil des kilomètres. "Je n'y crois pas trop, avouait le directeur sportif de la Française des Jeux Franck Pineau au micro d'Eurosport. C'est le peloton qui décide. Un gars comme (Oscar) Freire passe dans son village aujourd'hui, il va vouloir gagner (...). Puis ils ne sont pas assez nombreux." Une prédiction qui mit du temps à se vérifier, et ce, du fait des nombreuses cassures au sein du peloton et dont Alejandro Valverde était le premier à faire les frais. Piégé et esseulé, au même titre que Sylvain Chavanel, l'Espagnol, distancé de plus d'une minute à moins de 30 kilomètres de l'arrivée et victime du chausse-trape climatique, payait cher sa piètre gestion de la course.
Moncoutié s'accroche au général
Une véritable débâcle pour le coureur de la formation Caisse d'Epargne qui, plus que la perte de cette 12e étape, faisait une croix sur la victoire finale, malgré le soutien continu de toute son équipe. Au même moment, Oscar Freire, Paolo Bettini et Davide Rebellin menaient la tête du peloton et rattrapaient les trois fuyards du jour à 23 kilomètres de la fin.
Alors que le retard du malheureux du jour, Valverde, empirait, aux avant-postes, la meute s'organisait. On retrouvait logiquement les favoris: de Leipheimer à Bettini, de Martinez à Contador, ainsi que le Tricolore David Moncoutié, solidement installé. Encore regroupé à un kilomètre de la ligne, Paolo Bettini, animal blessé, appuyait sur l'accélérateur pour finalement s'imposer en douceur devant ses deux compatriotes Davide Rebellin et Damiano Cunego. A 3'25" d'Alejandro Valverdo. Si David Moncoutié (12e) fait son trou dans le top 15 au classement général, Egoi Martinez maintient, lui, son avance. Et profitera de son jour de repos, prévu vendredi, fièrement blotti dans son maillot or.
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