La Suisse le garde en travers
Publié le 11 juin 2008 à 8h14 par
Un match entre Suisse et Turquie ne sera plus jamais comme avant. Et ce depuis ce 16 novembre 2005, lors des barrages de la Coupe du monde 2006 à Istanbul, où la Nati avait été victime d'une violente bagarre dans les vestiaires, après avoir validé son billet. Mercredi à Bâle, ces deux sélections se retrouveront. Une défaite condamnera le vaincu dans ce Groupe A.

Les incidents de la dernière rencontre entre la Suisse et la Turquie restent dans les mémoires des joueurs helvètes. (Reuters)
Certaines cicatrices, plus profondes que les autres, ne se referment jamais. Près de deux ans se sont écoulés depuis la dernière confrontation entre la Suisse et la Turquie. Mais le souvenir de ce match, disputé à Istanbul dans un climat délétère, est encore bien présent dans les esprits helvètes, à l'aube du deuxième rendez-vous des deux équipes, mercredi soir à Bâle, dans le Groupe A de l'Euro 2008. Comment pourrait-il en être autrement ?
En ce 16 novembre 2005, les locaux l'avaient mauvaise. Ce qui n'excuse pas leur comportement, bien sûr. Au terme d'un match tendu, la Nati venait en effet de valider son billet pour la Coupe du monde 2006, laissant la Turquie au stade des barrages. S'ensuivait une déferlante de violence, pour des sanctions dérisoires (six rencontres officielles à disputer à huis-clos, diminuée ensuite de moitié par la Fifa, plus quelques suspensions pour l'entraîneur Mehmet Ozdilek, et certains joueurs dont Alpay Ozlan et Emre Belozoglu). Stéphane Grichting, roué de coups de pied dès la fin de la rencontre, s'était alors retrouvé blessé aux testicules, et ses coéquipiers avaient eux aussi essuyé la brutalité turque.
Comparé au contexte d'alors, celui de ces retrouvailles sera identique: à la vie, à la mort. Défaits respectivement par la République tchèque (0-1) et le Portugal (0-2), la Suisse et la Turquie n'ont pas d'autre choix que de l'emporter si elles veulent encore espérer se qualifier pour les quarts de finale de l'Euro 2008. "Il n'y a pas de problème entre la Suisse et la Turquie. Certains continuent d'évoquer des choses qui sont déjà oubliées depuis longtemps. On assistera à un match fair-play, sans souci avec le public", assurait en décembre dernier Köbi Kuhn, le sélectionneur suisse, après le tirage au sort des groupes de la compétition.
Mais si les joueurs sont sans doute passés à autre chose depuis, les supporters ne l'ont certainement pas oublié. La Turquie doit donc s'attendre à un accueil glacial à Bâle. "Il n'y a plus le moindre calcul à faire. Pour nous qualifier, nous devons battre la Turquie et le Portugal. L'enjeu de mercredi est simple: gagner pour rester en vie !", confirme Philippe Senderos qui, lui, préfère retenir le match aller des ces barrages en 2005. "Cette rencontre gagnée 2-0 devant notre public doit nous servir comme un match référence. Nous les joueurs, nous voulons oublier les débordements d'Istanbul. Mais il était prévisible que la presse et le public remettent ce sujet sur la table depuis quelques jours."
Sans Alexander Frei, forfait pour le reste du tournoi, la Nati ne peut plus s'appuyer sur son principal argument offensif. Mais elle peut en revanche compter sur l'état de crise qui couve dans le camp turc. Les choix tactiques du sélectionneur Fatih Terim ont été très décriés après le néant aperçu face à la Seleçao. Et le forfait sur blessure de Gökhan Zan en défense, auquel pourrait s'ajouter celui de Servet, en délicatesse avec son genou gauche, ne risque pas d'arranger ses affaires. Il n'y a pas que la Suisse et la Turquie qui joueront leur peau mercredi soir. Fatih Terim aussi.
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