Zidane et le dopage
Publié le 19 septembre 2008 à 17h20 par la Rédaction
Evènement de la rentrée littéraire au rayon sports et loisirs, Zidane, une vie secrète*, ne contient pas de révélation fracassante. L'auteur gratte parfois sous le vernis poli de l'imagerie officielle de Zizou, disséquant le clan familial qui verrouille l'accès à l'icône. Un seul chapitre jette un peu d'opprobre sur la carrière de l'ancien numéro 10 des Bleus, celui consacré au dopage.

Rien de révolutionnaire dans la biographie non autorisée de Zidane. (Reuters)
L'histoire de cette biographie non autorisée de Zinédine Zidane pourrait faire l'objet d'un roman d'espionnage. Les domiciles de l'éditeur du roman et de la personne chargée des premières corrections ont été cambriolées, semble-t-il en corrélation avec l'écriture du dit livre. On ne brûle que ce que l'on a aimé et après le succès d'A Fleur de Peau d'Emmanuel Petit, nul doute que Zidane, une vie secrète trouvera un nombreux lectorat.
Un véritable clan
Ce que dévoile l'auteur, Besma Lahouri, au fil des 407 pages du livre, est déjà connu de tous. Très entouré par sa famille et en particulier par son grand frère, Nourreddine, Zinédine Zidane cultive le secret dès lors que l'on s'écarte du terrain, que ce soit pour ses affaires ou pour sa vie privée. L'ancienne star du Real Madrid et son clan pratiquent volontairement l'omerta et n'hésitent pas à bannir celui qui ose s'affranchir de cette règle tacite. La journaliste met aussi les projecteurs sur la relation très particulière qui lie Zizou à Franck Riboud, le PDG de Danone. Le contrat qui court jusqu'en 2014 contient ainsi une clause surprenante en cas de disparition de Franck Riboud, avec la possible annulation des devoirs contractuels par l'une ou l'autre partie.
Le spectre du dopage
Le chapitre le plus intéressant - on vous épargne les supputations sur la relation avec la chanteuse Nâdiya - reste celui consacré au dopage. Au-delà du cas personnel du Ballon d'Or 1998, l'auteur relate les petits manquements entre amis constatés avant la fameuse Coupe du Monde remportée par l'équipe de France. Lors du stage hivernal des Bleus à Tignes, fin décembre 1997, un contrôle inopiné est ordonné par Alain Garnier, aujourd'hui directeur du bureau européen de l'Agence Mondiale anti-dopage. Celui-ci explique les atermoiements du staff des Bleus et la colère d'Aimé Jacquet. Marie-Florence Grenier-Loustalot, chimiste de profession qui travaille au dépistage des produits dopants en collaboration avec le Comité international olympique, divulgue un scoop: "Un des tests réalisés en première instance présentait un taux suspect de testostérone", explique-t-elle à l'enquêtrice.
Troublants, également, les contrôles anti-dopages non effectués sur Zinédine Zidane après ses deux expulsions en Coupe du Monde, face à l'Arabie Saoudite en 1998 et contre l'Italie en 2006... Besma Lahouri revient également sur le procès pour dopage organisé intenté à la Juventus Turin en 2002. Ancien meneur de jeu de la Vieille Dame, Zizou passe bien sûr sous le feu des questions du juge italien, Giuseppe Casalbore. Les minutes du procès, rapportées dans le livre, sont effarantes de naïveté contrôlée. Zidane admet la prise de créatine et la pratique des injections intraveineuses. Deux produits sont nommément désignés: l'Esafosfina et le Neoton. Pour justifier leur prise, Zizou met en avant sa maladie génétique, la Thalassémie, qui provoquerait une carence en fer. Seul hic, le joueur n'aurait jamais manqué de fer selon les différents examens médicaux pratiqués sur lui par les différents clubs de sa carrière.
*Zidane, une vie secrète, de Besma Lahouri aux éditions Flammarion, 407 pages, 20 euros.
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