Attention à la chenille urticante
Publié le 30 mars 2008 à 12h00 par
Le changement climatique est un phénomène rampant, larvé et dévorant... Dernier avatar de ce grand chamboulement planétaire, la chenille processionnaire du pin, lépidoptère familier des régions ensoleillées du bassin méditerranéen se déplaçant en longs cortèges à la démarche saccadée, déborde désormais depuis quelques années son foyer d'origine. Et atteint désormais les portes de Paris.

La chenille processionnaire du pin, nouvel indicateur du réchauffement climatique (DR)
Contournant le Massif central, elle a grimpé les latitudes au point que la préfecture de la région Ile-de-France dénombre aujourd'hui plusieurs fronts de colonisation en forêt de Fontainebleau, à l'est du département de l'Essonne et même dans l'Ouest parisien. "Cet insecte est sûrement devenu le meilleur indicateur des variations de climats. Au demeurant, un observatoire de l'Institut national de la recherche agronomique (Inra) a été spécialement créé à Orléans pour suivre la progression de l'espèce", indique Jean-Claude Martin, directeur de l'unité expérimentale forestière méditerranéenne à l'Inra d'Avignon.
Conséquence de cette forte invasion d'insectes montés sur chenilles, les ravageurs effeuillent et donc affaiblissent les pins sur lesquels ils hivernent dans des sortes de gazes protectrices. En ce moment, ils descendent en procession pour parachever leur mutation, bardés de poils urticants pouvant occasionner démangeaisons et allergies chez l'homme ou les toutous.
Retirer leur nid n'est pas de tout repos. On peut toujours recourir aux services d'une entreprise spécialisée, mais le mieux reste de patienter jusqu'à l'automne, lorsque la plupart des communes concernées organisent des pulvérisations d'insecticides homologués.
D'ailleurs, l'Inra d'Avignon étudie, en partenariat avec des collectivités territoriales et différentes firmes bio, une méthode de lutte écologique contre la bestiole. L'occasion de remiser définitivement les vieilles techniques de vaporisations chimiques, trop suspectes de nuire à l'environnement. Ça ne mange pas de "pin".
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