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Paris sous les flows

Publié le 27 juin 2008 à 20h10 par

La quinzaine Paris hiphop 2008, troisième du nom, organisée par la radio Générations du 27 juin au 6 juillet* et soutenue par Arte, a tenu son événement phare jeudi, au Zénith de Paris. Un plateau d'artistes relevé parmi lesquels Baloji, Rocca, Oxmo Puccino, Kery James, Mafia K'1 Fry ou encore Sefyu. Un concert festif, pour célébrer tout un mouvement culturel.

La 3e édition de la quinzaine du hip hop à Paris se tient jusqu'au 6 juilllet. - DR
La 3e édition de la quinzaine du hip hop à Paris se tient jusqu'au 6 juilllet. (DR)


Le Zénith de Paris n'était qu'à moitié plein à l'occasion du concert organisé dans le cadre du festival Paris hip-hop, troisième du nom. Qu'à cela ne tienne, la bonne moitié était là. Des jeunes, des très jeunes et des beaucoup moins jeunes aussi venus onduler sur quelques beats et samples dans une ambiance détendue, joyeuse et dansante. Quelques incivilités, souvent dénoncées comme partie intégrante de la panoplie hip-hop, à signaler? Aucune si ce n'est des entorses à la loi Evin pour inhaler quelque substance euphorisante.

Le passage du groupe suédois Looptroop en début de soirée n'annonçait pourtant rien de bon: une espèce de shaker dans lequel on aurait glissé dix ans d'influences hip-hopiennes pour en verser le nectar dans un verre trop grand. Imbuvable. Le comble était atteint avec un sample de Take on me, de A-Ha. "Au secours!" Le rappeur belge Baloji redonnait du sens à la soirée. Il livrait quelques morceaux de son premier opus, Hôtel Impala, dans une version scénique hip-hop métal façon Bodycount. Le flow est précis, les textes engagés. Il est le premier à distiller quelques invectives politiques hexagonales malgré sa belgitude.

"La France que Sarkozy n'aime pas"

"Je crois qu'il y a quelque chose qui est claire en Europe. L'immigration choisie reproduit les anciens schémas coloniaux. Je viens de Belgique et c'est pareil ici avec votre ami Sarkozy." Rocca poursuit le set de la soirée. Cinq ans que l'ancien leader de La Cliqua, maintenant aux commandes de Tres Coronas, n'était plus monté sur scène à Paris. Quelques morceaux de son âge d'or hexagonal entrecoupent un flow dorénavant exclusivement espagnol. Il termine son show en invitant danseurs et danseuses colombiennes pour une cumbia revisitée hip-hop. Etonnant. Il termine en haranguant la foule, en écho à Baloji: "Il y a des Sénégalais dans la salle, des Ivoiriens, des Portugais, des Espagnols, des Algériens... Ça c'est la France que Sarkozy n'aime pas. Nique sa...".

C'est au tour d'Oxmo Puccino et de ses Jazzbastards d'occuper le plateau. Ovation. L'homme en impose, et pas que physiquement. Deux morceaux de son dernier opus Lipopette Bar (Où est Billie, Perdre et gagner) pour débuter avant un retour aux fondamentaux (Alias John Smoke, Mama Lova, J'ai mal au mic, L'Enfant seul et On danse pas) et la primeur d'un morceau de son nouvel album à paraître, 365 jours. Puccino est applaudi, plutôt rare dans les salles hip-hop où l'on a plus l'habitude de faire du bruit. Du bruit? La Mafia K'1 Fry va s'en charger. Kery James allume la mèche! Seul sur scène, droit comme un I, le micro dans une main, l'autre derrière le dos, il aimante toute la salle qui descend d'un seul homme dans la fosse. Le 113 et la Mafia finissent de mettre le "dawa" avant de laisser place à la nouvelle coqueluche du rap français, Sefyu qui achève plus de six heures de show.

*Tout le programme sur www.paris-hiphop.com

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