Ajax-loader-form

2008: Le spectre de l'année catastrophe

Publié le 16 décembre 2007 à 18h00 par

Les nuages viennent de l'Ouest, mais quand va-t-il pleuvoir ? La météo économique commence à crisper l'Elysée, Matignon et certains chefs d'entreprise, à mesure que les dégâts de la crise américaine se propagent au reste de la planète. Jacques Attali, que Nicolas Sarkozy a chargé de trouver des solutions pour "libérer" la croissance de la France, se montre alarmiste.

Le spectre d'une crise façon Northern Rock en France inquiète... - Reuters
Le spectre d'une crise façon Northern Rock en France inquiète... (Reuters)
Les nuages viennent de l'Ouest, mais quand va-t-il pleuvoir ? La météo économique commence à crisper l'Elysée, Matignon et certains chefs d'entreprise, à mesure que les dégâts de la crise américaine se propagent au reste de la planète. Jacques Attali, que Nicolas Sarkozy a chargé de trouver des solutions pour "libérer" la croissance de la France, se montre alarmiste.

Côté chiffres, le gouvernement et les Français y verront un peu plus clair cette semaine avec la publication, jeudi, des prévisions officielles de l'Insee pour les six premiers mois de 2008. Après "l'angoissante question du pouvoir d'achat", celle de la croissance, donc. Déjà, le Premier ministre François Fillon a fait part de ses doutes en estimant à 1,9.

Les Etats-Unis sont désignés comme étant l'origine du problème. Les banques ont accordé des emprunts immobiliers à des familles trop pauvres pour rembourser. Et ont échangé ces créances un peu partout sur le globe. Résultat, la facture se chiffrerait en centaines de milliards de dollars, et nul ne sait quand les institutions financières auront vraiment assaini leurs comptes. Le directeur général du Crédit Agricole, Georges Pauget, table sur une purge jusqu'au printemps, qui s'achèvera quand tous les emprunteurs américains seront repassés chez leur banquier.

La Commission européenne ne croit pas aux mesures de Sarkozy

Les répercussions en France semblent mécaniques : moins de croissance aux Etats-Unis, c'est moins de croissance dans le monde, donc moins de ventes pour nos grandes entreprises. Pour ne rien arranger, la remontée des taux d'intérêt et les bourrasques boursières (depuis six mois, le CAC 40 a perdu 8,2 du PIB tolérée par l'Europe, contrairement aux promesses officielles. Du coup, les critiques adressées au gouvernement proviennent d'au-delà des frontières. Le FMI, dirigé par Dominique Strauss-Kahn, évoque des "risques de dérapage". L'OCDE, un organisme qui rassemble les pays riches, voit pour sa part la dette passer à 67 selon la prévision du gouvernement. Soit un écart de 68 milliards d'euros !

De son côté, la Commission européenne ne croit pas aux mesures engagées par Nicolas Sarkozy. "La question est de mettre sur la table pas seulement les annonces de réformes mais [...] les résultats", a grincé le commissaire aux Affaires économiques, Joaquin Almunia, en visite en France mercredi. Pas de bon augure avant la présidence française de l'Union, au 1er juillet prochain.

Le pire va-t-il survenir? Pas forcément. Certains économistes restent optimistes, de bonnes nouvelles sont espérées sur le front du pétrole, le marché de l'automobile se redresse... D'importants profits sont à nouveau attendus dans les grandes entreprises comme Total, Air France ou Vivendi. Et les créations d'emplois sont au plus haut depuis la période de forte croissance des années 2000. Le gouvernement, pour sa part, veut croire que les réformes en cours porteront leurs fruits au plus vite.


Il n'y a pas de commentaires pour le moment.

Écrire un commentaire

Copyright ©2008 Newsweb. Tous droits réservés.