35 heures: Le tollé syndical
Publié le 08 janvier 2008 à 20h44 par
Après que Nicolas Sarkozy a souhaité mardi la fin des 35 heures pour 2008, les syndicats ont vivement réagi, estimant que le chef de l'Etat remet en cause la durée légale du travail, et par là même, le dispositif de défiscalisation favorisant les heures supplémentaires. Le conseiller du président, Henri Guaino, a tenté de clarifier le propos et nié toute fin de la durée légale du travail.

Pour François Chérèque, le gouvernement acte son propre échec. (Reuters)
Interrogé sur la durée légale du travail, ce mardi matin lors de sa grande conférence de presse de rentrée, Nicolas Sarkozy n'a pas pris de gants. "Oui", il souhaite la fin des 35 heures. Une réponse courte, mais qui n'a pas tardé à faire réagir les syndicats. La plupart d'entre eux se sont immédiatement élevés contre le souhait du président de la République, derrière lequel ils soupçonnent la fin de la durée légale du travail. "Le chef de l'Etat a enfin dit clairement ce que sa politique met en oeuvre, c'est-à -dire la fin des 35 heures. De fait, sa politique va beaucoup plus loin et sa volonté est de mettre fin à toute durée légale du travail", a jugé le syndicat Solidaires.
"Nous, nous ne voulons pas négocier la remise en cause de la durée légale du travail, c'est clair", a tempêté Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière. "Ça ne veut pas dire qu'on ne peut pas travailler plus, mais ça s'appelle des heures supplémentaires. Remonter la durée du travail dans une entreprise, c'est déclencher les heures supplémentaires à un autre niveau", a-t-il souligné. Les syndicats mettent ainsi en cause une contradiction dans la politique du président, dont l'une des premières mesures pour augmenter le pouvoir d'achat a consisté en une défiscalisation des heures supplémentaires.
"Les 35 heures comme carcan sont terminées"
C'est le constat établi, notamment, par François Chérèque, secrétaire général de la CFDT. Dans un entretien au Monde réalisé avant l'intervention du chef de l'Etat, il soulignait que François Fillon proposait "d'acter l'échec du 'travailler plus pour gagner plus'" en demandant aux partenaires sociaux de débattre de la suppression de la durée légale du travail. "C'est un comble! Il nous propose, en limitant de fait l'accès aux heures supplémentaires, d'acter l'échec de la principale promesse de Nicolas Sarkozy", a-t-il martelé. Quant à la CGT, elle estime que celui qui se disait candidat du pouvoir d'achat "a laissé place au président de la rigueur sociale".
Seule la Confédération générale des petites et moyennes entreprises a salué une volonté de "libérer l'organisation du temps de travail en mettant fin aux 35 heures". Un désir que le conseiller personnel et "plume" de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino, a tenté d'expliciter mardi soir: "La durée légale du travail ne sera pas supprimée", a-t-il assuré sur RTL. Elle "restera à 35 heures. Mais il sera possible branche par branche, entreprise par entreprise, avec des accords majoritaires (...) de déroger à cette règle." Si les 35 heures ne seront donc pas officiellement supprimé, les "35 heures comme carcan sont terminées", a-t-il dit. Un "carcan" qui a été "l'une des erreurs économiques les plus graves qui aient été commises dans notre pays depuis 25 ans", a renchéri François Fillon devant les députés. Et avec lequel le Premier ministre, qui a souhaité une loi avant l'été, veut donc en terminer.
Articles sur le même thème
Copyright ©2008 Newsweb. Tous droits réservés.

Il n'y a pas de commentaires pour le moment.