Airbus ne vend plus ses usines
Publié le 07 mai 2008 à 7h59 par
Les sites de Méaulte et Saint-Nazaire ne sont plus à vendre. Airbus l'a annoncé mercredi matin, confirmant une information parue un peu plus tôt dans Les Echos. Les négociations avec l'équipementier Latécoère ont échoué. La filiale d'EADS précise toutefois que cet échec ne remet pas en cause sa politique d'externalisation: les deux sites seront, comme en Allemagne, filialisés.

Le 29 avril dernier, les salariés de ces deux sites avaient dénoncé une différence de traitement avec les usines en Allemagne. (Reuters)
Entre Airbus et Latéocoère, rien ne va plus. La filiale d'EADS a annoncé mercredi matin la fin des négociations avec l'équipementier aéronautique. Conséquence: ses sites de Méaulte et de Saint-Nazaire ne sont plus à vendre. L'information avait été dévoilée un peu plus tôt par Les Echos.
Explication avancée par Airbus: aucune "solution viable" n'a été trouvée dans les délais fixés. Dans un communiqué, Latécoère dit que "la conjoncture économique mondiale et la faiblesse du dollar qui pèsent sur le secteur aéronautique n'ont pas permis de finaliser cette opération". Selon Les Echos, ce sont bien les "conditions de marché", en l'occurrence "la faiblesse du dollar, les taux de crédit en hausse et les garanties bancaires plus dures à obtenir", qui sont à l'origine de l'arrêt des négociations.
Dans un communiqué, l'avionneur souligne toutefois que cet échec ne remet pas en cause sa politique d'externalisation. A l'image de l'exemple des trois sites allemands, les usines de Méaulte et de Saint-Nazaire seront filialisées. Mais le projet de vente n'est semble-t-il pas définitivement abandonné. Ces sites "pourront ainsi faire l'objet d'un partenariat, puis d'une vente à un stade ultérieur", précise ainsi Airbus, confirmant les informations parues dans le Journal du Dimanche ce week-end.
Selon Les Echos, EADS reste en effet "déterminé" à vendre les deux sites français, dans le cadre du plan Zéphyr, "les activités de fabrication d'aérostructures ne faisant plus partie du coeur de métier d'Airbus". Ce programme est l'un des principaux volets du plan d'économies et de restructuration Power 8, annoncé le 28 février 2007. Il prévoit la suppression de 10 000 emplois chez l'avionneur européen. Objectif affiché: générer une économie d'environ 5 milliards d'euros de trésorerie d'ici à 2010.
Mercredi matin, les syndicats des deux sites n'avaient pas encore réagi à cette annonce. Le 29 avril dernier, ils étaient descendus dans les rues pour dénoncer la différence de traitement entre les sites allemands et français. Reste que l'arrêt des négociations avec Latécoère ne représente pas une victoire pour les salariés: pour Airbus, le plan Power 8 est plus que jamais d'actualité.
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