Alcatel-Lucent réduit encore ses effectifs
Publié le 01 février 2008 à 12h21 par
Alcatel-Lucent a présenté ce matin à ses salariés français le détail de son plan de réduction d'effectifs. 400 personnes sont concernées "sur la base du volontariat". Moins que ce que redoutaient certains syndicats, qui craignaient 500 à 800 départs. Mais suffisamment pour craindre la poursuite de l'hémorragie dans l'Hexagone où le groupe compte 8000 salariés...

Patricia Russo, directrice générale d'Alcatel-Lucent. (Reuters)
En annonçant leur fusion en avril 2006, les deux spécialistes des infrastructures de communication Alcatel et Lucent avaient prévu de réduire leurs effectifs cumulés de 8800 personnes, soit environ 10 des employés hexagonaux. Malgré ces décisions, le groupe ne parvient cependant pas à retrouver le chemin de la rentabilité. Le titre sombre en bourse, les actionnaires s'agacent, les dirigeants se déchirent.
En octobre dernier, Alcatel-Lucent annonce une troisième vague de durcissement de son plan social, en ajoutant 4000 suppressions de postes d'ici 2009 aux 12.500 précédemment planifiées. Ces nouvelles mesures devaient permettre, couplées à "une accélération des objectifs actuels de réduction d'effectifs pour l'année 2008", de réduire les coûts de fonctionnement annuels du groupe de 400 millions d'euros supplémentaires, expliquait alors le groupe. La directrice générale Patricia Russo, loin de faire l'unanimité dans les rangs des salariés français, avait alors ajouté "ce sont des décisions difficiles à prendre, mais nécessaires. Nous apporterons la plus grande attention possible à la manière dont ces réductions seront mises en oeuvre".
Un plan basé sur le "volontariat"
C'est le détail de ce dernier plan que le groupe a présenté ce matin au Comité Centrale d'Entreprise chez Alcatel France à Vélizy. Qualifié pudiquement de "plan de départs volontaires", il "s'inscrit dans le cadre du plan global de réductions de coûts présenté le 31 octobre 2007 et visant à adapter le groupe aux perspectives toujours difficiles de l'industrie des télécoms". Il pourrait aboutir à la réduction de 400 postes environ "entièrement basés sur le volontariat". Il n'aboutira à la fermeture d'aucun site, contrairement au plan de 2007 qui avait scellé la fin de l'activité à Rennes-Cesson et Rennes-St Grégoire. L'équipementier, dont les effectifs atteignaient avant cette décision 8000 personnes en France, a tenté de rassurer ses troupes en annonçant concomitamment que l'Hexagone "s'affirme comme pôle de recherche essentiel d'Alcatel-Lucent pour les technologies de pointe du futur, avec notamment un renforcement de nos équipes dans le développement des réseaux mobiles de quatrième génération (4G) et du WiMAX".
Le groupe doit désormais publier, le 8 février prochain, ses résultats de l'exercice 2007. En moyenne, les analystes interrogés par Bloomberg anticipent une perte nette de 122,7 millions d'euros, mais les estimations sont très larges et certains bureaux d'études misent sur une perte bien plus sévère. Dans un marché hautement concurrentiel, Alcatel-Lucent n'est pas le seul à éprouver de grosses difficultés. Son concurrent Ericsson a publié ce matin des résultats qui, quoique bénéficiaires, sont en net recul. Le géant suédois, dont les effectifs ont été réduits de moitié entre 2000 et 2004, a annoncé la suppression probable de 4000 postes supplémentaires, dont 1000 en Suède. Ericsson pense que le marché des infrastructures mobiles, sa spécialité, devrait à peine être stable en 2008. A Paris après l'annonce des détails de son dernier plan social, Alcatel Lucent recule de 1,2...
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