Alitalia: Air France en pole
Publié le 28 décembre 2007 à 18h37 par
Le ministre italien des Finances, Tommaso Padoa-Schioppa, a donné son feu vert, vendredi, à l'ouverture de négociations exclusives entre Air France-KLM et Alitalia. Cette annonce constitue un pas de plus vers la reprise de la compagnie aérienne italienne en difficulté par sa rivale franco-néerlandaise. Les discussions dureront huit semaines.

Air France-KLM a obtenu l'ouverture de négociations exclusives avec Alitalia. ()
Le rachat de la compagnie aérienne italienne Alitalia par le groupe franco-néerlandais Air France-KLM se concrétise doucement. Vendredi, le ministre italien des Finances, Tommaso Padoa-Schioppa s'est dit favorable à ce projet, et a annoncé l'ouverture de négociations exclusives, qui dureront huit semaines. A l'issue de cette période de tractations, Air France-KLM devra formuler une proposition contraignante qui sera soumise à l'examen du Conseil des ministres italien.
"Aujourd'hui, le feu vert a été donné pour le début de discussions exclusives avec Air France. La délibération formelle du gouvernement [...] interviendra au moment de la conclusion des négociations, lesquelles entrent dans une phase cruciale", a déclaré Tommaso Padoa-Schioppa à l'issue d'un Conseil des ministres, au lendemain de l'annonce du Premier ministre italien, Romano Prodi, selon laquelle "le gouvernement décidera[it] d'ici la mi-janvier". "Nous sommes très satisfaits de cette décision qui constitue une avancée importante et nous formons le voeu de parvenir rapidement à un accord solide, ouvrant la voie à une croissance rentable pour Alitalia", s'est pour sa part réjoui, dans un communiqué, Jean-Cyril Spinetta, le président d'Air France-KLM.
Air One à la trappe
Vendredi dernier, le conseil d'administration d'Alitalia s'était prononcé à l'unanimité en faveur du groupe franco-néerlandais, au détriment de sa concurrente italienne low cost Air One SpA. En revanche, les syndicats et plusieurs dirigeants patronaux et politiques du pays préfèreraient une reprise par le groupe privé Air One afin qu'Alitalia reste dans le giron italien. Mais Romano Prodi a prévenu que le gouvernement prendrait sa décision en toute indépendance.
Si cette fusion se confirmait, elle mettrait fin à un an de négociations acharnées, depuis que le gouvernement a annoncé sa volonté de privatiser la compagnie nationale aérienne. Le ministre de l'Economie a toutefois indiqué vendredi qu'il n'était pas exclu que l'Etat ne cède pas la totalité des 49,9 du capital d'Alitalia par le biais d'une offre publique d'échange, ainsi que toutes les obligations convertibles en circulation. Le numéro un mondial par son chiffre d'affaires préconise également supprimer jusqu'à 1 500 emplois.
De son côté, Air One comptait débourser un euro par titre, ainsi que de 5,3 milliards d'euros d'investissement. Comme prévu par la réglementation du marché italien, la cotation d'Alitalia a été brièvement suspendue à la Bourse de Milan, en attendant un communiqué du gouvernement. Le titre Alitalia a clôturé en hausse de 8.
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