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Alitalia: Air France redécolle

Publié le 29 août 2008 à 9h31 par Benjamin BONNEAU

Le feuilleton Alitalia reprend. Etranglée par la concurrence et percluse de dettes, la compagnie aérienne italienne cherche depuis des mois un repreneur. Et après avoir opposé une fin de non-recevoir à la proposition d'Air France-KLM, Silvio Berlusconi a décidé de faire machine arrière. Jeudi, un projet de loi a été adopté permettant un retour au premier plan du groupe franco-néerlandais.

Silvio Berlusconi a décidé de rouvrir la porte à Air France-KLM dans le cadre de la reprise d'Alitalia. - Reuters
Silvio Berlusconi a décidé de rouvrir la porte à Air France-KLM dans le cadre de la reprise d'Alitalia. (Reuters)


Silvio Berlusconi met de l'eau dans son Chianti. Au nom du protectionnisme national, le chef de l'exécutif italien s'était jusqu'alors refusé à voir la compagnie italienne Alitalia rachetée par Air France-KLM. Mais confronté au manque de repreneur, "Il Cavaliere" a été contraint de revoir sa position. Le gouvernement de la Botte a ainsi adopté un projet de loi, jeudi, qui permettra la division de la compagnie aérienne italienne en deux entités distinctes. La première regroupera les filiales en difficultés qui seront placés sous tutelle. La deuxième bénéficiera d'un milliard d'euros apportés par seize investisseurs italiens. Auxquels pourraient bien s'ajouter Air France-KLM.

Le groupe franco-néerlandais, qui s'était retiré de la course dans le courant de l'année face à l'opposition des syndicats, n'a en effet pas mis longtemps à réagir. "Air France-KLM confirme son intérêt et son souhait de rester le partenaire stratégique d'Alitalia", a dit un porte-parole de la compagnie. "A cet effet, et si les perspectives de profitabilité de la nouvelle société son confirmées, Air France-KLM est prête à prendre une participation minoritaire dans le capital aux côtés des investisseurs réunis par la banque Intesa SanPaolo." Le plan de Silvio Berlusconi semble donc marcher.

Entre 5000 et 7000 suppressions de postes

Désireux de conserver une direction italienne à la tête d'une société de même nationalité, le patron de l'exécutif est en passe de réussir son pari. Si Air France-KLM devrait bien entrer dans le capital d'Alitalia, il ne sera en effet que minoritaire. Et il devra même batailler pour le devenir. Principal investisseur parmi les seize entrepreneurs actionnaires de la future Compagnie aérienne italienne (CAI), nouvelle version d'Alitalia, Roberto Colaninno, fortement pressenti pour devenir le prochain président opérationnel de la CAI, a en effet admis être également en contact avec le président du directoire de Lufthansa. Dans un entretien publié vendredi dans La Repubblica, le patron du fabricant de scooters Piaggio reconnait la mise en concurrence: "Nous discutons avec les deux entreprises et ces discussions avancent au même rythme", a-t-il expliqué, avant de préciser qu'"il est indispensable que nous ayons un partenariat avec l'une des deux".

En attendant de connaître l'identité du repreneur étranger choisi, la presse italienne a dévoilé jeudi les grandes lignes du plan "phénix" mis en place par la banque conseil Intesa Sanpaolo pour sauver Alitalia. Les seize nouveaux actionnaires, qui devraient apporter environ un milliard d'euros, ne pourront pas se désengager de la société avant 2013, et la CAi devra renouer avec les bénéfices en 2011. Pour ce faire, une baisse des coûts salariaux est préconisée. Ces derniers devraient être ramenés à 705 millions d'euros dès la première année, contre 1,2 milliard actuellement. Le nombre de suppressions d'emplois serait de l'ordre de 5000 à 7000, sur les 19 400 salariés que compte Alitalia. En outre, la compagnie aérienne se concentrera désormais sur les courtes et moyennes distances, réduisant ainsi fortement le nombre des destinations desservies. Le projet de sauvetage doit toutefois être approuvé vendredi lors d'un conseil d'administration d'Alitalia, au cours duquel les comptes semestriels seront également dévoilés. La compagnie pourrait enregistrer une perte de 400 millions d'euros. Air France-KLM sait ce qui lui reste à faire.


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