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Alitalia: Le bluff de Berlusconi

Publié le 27 mars 2008 à 15h01 par

Silvio Berlusconi est formel concernant le rachat d'Alitalia par le groupe Air France-KLM: "Je suis contre", affirme-t-il. Le leader de l'opposition de centre-droit assurait même avoir à sa disposition une contre-offre émanant d'investisseurs italiens. Les entreprises citées ont toutefois démenti les propos d'Il Cavaliere, qui a donc dû faire machine arrière.

Silvio Berlusconi a décidé de faire d'Alitalia un sujet de sa campagne électorale. - Reuters
Silvio Berlusconi a décidé de faire d'Alitalia un sujet de sa campagne électorale. (Reuters)


Un coup de poker manqué. Alors que la compagnie aérienne Alitalia est toujours à l'agonie, la question de son rachat anime toujours les discussions de comptoir en Italie. A quelques semaines des prochaines élections législatives, Silvio Berlusconi a donc décidé de s'emparer de la question. Il Cavaliere a ainsi tôt fait d'annoncer son intention de refuser la proposition de rachat formulée par le groupe étranger Air France-KLM s'il était réélu président du Conseil. Il affirmait également avoir une autre solution pour Alitalia, une solution italienne de surcroit. Sauf que plusieurs entreprises mentionnées par Berlusconi ont démenti être intéressées...

"Le consortium italien existe." Dans un article publié jeudi dans le quotidien La Stampa, Silvio Berlusconi était on ne peut plus affirmatif. Farouchement opposé au rachat d'Alitalia par le groupe franco-néerlandais Air France-KLM, il assurait avoir reçu une contre-proposition formulée par un pool d'investisseurs italiens. "Les noms sont variés (...) De Ligresti à Benetton. Il y a bien sûr également Mediobanca et beaucoup d'autres, comme Eni", déclarait le leader de l'opposition de centre-droit. Une solution qui lui permettrait de se présenter comme celui ayant permis à Alitalia de rester contrôlée par des fonds italiens, un souci légitime pour ses compatriotes. Le gouvernement Prodi, plus pragmatique, a quant à lui annoncé qu'il comptait soutenir et accepter l'offre d'Air France-KLM.

Berlusconi tempère ses déclarations

La promesse de Berlusconi n'a toutefois pas tenu longtemps. Si le groupe de confection Benetton et l'homme d'affaires Salvatore Ligresti se sont abstenus de tout commentaire, le pétrolier Eni et la banque d'affaires Mediobanca ont en effet démenti toute participation à une offre de rachat d'Alitalia. Silvio Berlusconi a alors dû tempérer ses déclarations, affirmant que les propos qui lui ont été attribués concernant les noms des sociétés concernées étaient des "indiscrétions ou des suppositions journalistiques." Certains organes de la presse italienne abondent dans son sens et affirment que l'homme d'affaires italien a bien reçu des manifestations d'intérêt de la part de tierces personnes. Mais aucun nom ne filtre.

En cas de victoire de Berlusconi lors des élections législatives d'avril – Il Cavalière est donné vainqueur selon les derniers sondages -, Air France-KLM devra peut-être tirer un trait sur la cpmpagnie italienne. Pourtant, après avoir suscité une vive hostilité, l'offre franco-néerlandaise avait réussi à charmer les syndicats en acceptant de faire de nouvelles propositions en matière de réductions d'effectifs et, surtout, en repoussant la date-butoir des négociations. Pas suffisant toutefois pour convaincre Silvio Berlusconi: "Je pensais que les discussions dans lesquelles le gouvernement est impliqué déboucheraient sur une fusion avec Air France (...) Je pensais qu'un pôle franco-italien serait créé. Mais ceci, c'est une acquisition, voilà tout, et je suis contre", a-t-il affirmé dans La Stampa.

Alitalia, dont l'endettement atteint maintenant 1,2 milliard d'euros, est donc devenue un enjeu électoral, à quelques semaines du scrutin. Les adversaires politiques de Berlusconi l'accusent d'opportunisme politique. Lui répond qu'il ne veut pas brader une société italienne au mépris de l'intérêt national. Les salariés d'Alitalia, eux, attendent de savoir de quoi leur avenir sera fait. Et ils devront peut-être attendre le résultat des élections.


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