Alitalia penche pour Air France
Publié le 21 décembre 2007 à 21h44 par
Le feuilleton Alitalia touche à sa fin. Percluse de dettes, la compagnie aérienne italienne a choisi son repreneur. En concurrence avec Air One, Air France KLM a empoché la mise et pourra entrer dans le capital de l'entreprise à hauteur de 49,9%. Le gouvernement italien décidera le mois prochain s'il valide la décision du conseil d'administration d'Alitalia.

Le PDG d'Air France est en passe de prendre sous son aile la compagnie Alitalia. (Reuters)
Endettée à hauteur d'1,2 milliards d'euros, Alitalia, qui perd en outre plus d'un million d'euros par jour, peut respirer. Dans le communiqué annonçant leur décision, les administrateurs du groupe ont fait savoir que les repreneurs choisis s'engageaient à investir 6,5 milliards d'euros à long terme dans le groupe, contre 5,3 milliards d'euros pour Air One. Air France KLM a en outre valorisé l'action Alitalia à 35 centimes d'euros, promettant également de racheter toutes les obligations convertibles émises par la compagnie. Des arguments convaincants pour une entreprise financièrement comateuse.
Air France KLM va investir 6,5 milliards d'euros
Le PDG d'Air France, Jean-Cyril Spinetta, s'est dit "très heureux" de la décision d'Alitalia et indique vouloir conforter son rôle comme compagnie nationale. "Notre intention n'a jamais été de faire d'Alitalia une compagnie régionale, mais au contraire de lui permettre de conforter son statut de compagnie nationale italienne et de regagner ses parts de marchés naturelles", a-t-il déclaré, avant de préciser que "grâce aux investissements prévus dans les produits de la compagnie et dans ses services (...), le rayonnement de la marque Alitalia, atout clé pour tout le groupe, sera développé, en Italie et à l'international".
Seul bémol pour les syndicats, les repreneurs ont admis que leur entrée dans le capital du groupe allait se solder par un plan de licenciement de 1700 salariés. Un moindre mal toutefois puisque la compagnie low cost annonçait quant à elle 3700 départs forcés. Un écart important qui n'empêche pas l'avionneur italien d'affirmer que son plan reste le meilleur. Il entend donc le présenter au plus tôt au gouvernement, décisionnaire final. Mais s'il s'est donné jusqu'au 15 janvier pour trancher, l'Etat est pressé par Alitalia de ne pas prendre de retard eu égard "à la situation financière critique de la compagnie", est-il expliqué dans le communiqué. Et si l'offre du groupe franco-néerlandais est objectivement meilleure, une incertitude demeure. Soutenu par Intesa Sanpaolo, la plus grande banque de détails d'Italie, Air One pourrait faire jouer la corde patriotique du gouvernement et faire valoir l'idée que des capitaux italiens seraient la meilleure des choses pour sauver une compagnie italienne. Fin du suspense le 15 janvier prochain.
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