CAC 40: Boom et bug
Eramet rit, Soitec pleure. Si le groupe minier a terminé l'année 2007 en champion du CAC40 avec une action bonifiée de 187...
Le boum d'ERAMET
A la Bourse de Paris, le champion de l'année s'appelle Eramet. L'action du groupe minier français a gagné 187 par rapport à la même période, l'an passé. Les ventes de manganèse affichent pour leur part une progression de 51,2 du capital, la famille Duval veut, en effet, vendre ses parts. Si elle les cédait d'un seul bloc, l'acquéreur serait alors obligé de lancer une offre sur l'ensemble du groupe. Il devrait débourser pas moins de 8,5 milliards d'euros.
ArcelorMittal en repreneur potentiel?
Les Duval doivent compter avec l'avis de Bercy. L'Etat est en effet présent au capital d'Eramet via Areva, le champion tricolore du nucléaire, deuxième actionnaire du groupe minier avec 26 d'Eramet. Classé 5e fortune française par Challenges, l'homme d'affaires d'origine polonaise, qui vit à Milan, avait fait basculer l'OPA du côté de l'Indien Lakshmi Mittal. Bis repetita en 2008?
Le bug de SOITEC
Un leader mondial au tapis. L'entreprise française Soitec fabrique des composants présents notamment dans toutes les consoles de jeux à succès, comme la Wii (Nintendo) ou la XBox (Microsoft). Mais elle a vécu une année en enfer. L'action a perdu 69,8 en un an.
1,2 million d'euros de perdus au premier semestre
Ce n'est pas tout. Le champion français a pâti de méventes auprès de son principal acheteur, l'américain AMD. Ce fabricant de microprocesseurs (qui équipe notamment les ordinateurs HP et Sony) représente la moitié du chiffre d'affaires de l'entreprise tricolore. "Nous avons subi l'impact des problèmes d'inventaire d'AMD et du décalage du lancement de la PlayStation 3 en Europe", s'est justifié Jacques-André Hauberton-Hervé, cofondateur, PDG et principal actionnaire de Soitec. Résultat, la société a perdu 1,2 million d'euros au premier semestre, alors qu'elle avait engrangé un bénéfice de 21,3 millions sur la même période en 2006. Son chiffre d'affaires affiche un repli de 13,3%. Les boursiers n'ont guère apprécié. Considérant le titre comme une valeur spéculative, ils ont pris l'habitude de lui faire jouer les montagnes russes. Il avait été multiplié par huit début 2000, divisé par neuf en 2002, avant de flamber à nouveau en 2005 et de chuter, donc, en 2007.
Pour s'en sortir, Soitec est en train de faire construire une usine à Singapour, en zone dollar. Elle commencera à produire fin 2008. Avec ses bureaux aux Etats-Unis, à Taïwan et au Japon, l'entreprise veut aussi diffuser plus largement sa technologie auprès des fabricants de produits électroniques. Certains analystes tablent sur une forte reprise dans les mois qui viennent, d'autres demeurent prudents.
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