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Chine: Sarkozy se frotte les mains

Publié le 26 novembre 2007 à 7h59 par

Pour son premier déplacement officiel en Chine, Nicolas Sarkozy peut être satisfait. Le président français a en effet annoncé la signature d'un accord portant sur la vente de 160 Airbus. Deux réacteurs nucléaires EPR font également partis des transactions, pour un montant total de 20 milliards d'euros. Contrat rempli pour le chef de l'Etat.

Sarkozy savoure la signature de 20 milliards d'euros de contrats avec la Chine. - Reuters
Sarkozy savoure la signature de 20 milliards d'euros de contrats avec la Chine. (Reuters)
Pour son premier déplacement officiel en Chine, Nicolas Sarkozy peut être satisfait. Le président français a en effet annoncé la signature d'un accord portant sur la vente de 160 Airbus. Deux réacteurs nucléaires EPR font également partis des transactions, pour un montant total de 20 milliards d'euros. Contrat rempli pour le chef de l'Etat.

Vingt milliards d'euros de contrats pour les entreprises françaises à Pékin, en marge du voyage d'Etat de Nicolas Sarkozy. Une "moisson" importante, dont ont principalement bénéficié Areva et Airbus, ainsi que dans une moindre mesure Alcatel-Lucent. Cependant, l'A380 et le TGV devront encore attendre avant de séduire les dirigeants chinois...

C'est un fait, les voyages d'Etat des grands de ce monde sont désormais doublés, de plus en plus fréquemment, d'une intense activité commerciale. Le séjour chinois de Nicolas Sarkozy ne déroge pas à cette nouvelle donne, puisque le Président français, qui avait emmené dans ses bagages plusieurs chefs d'entreprises, a annoncé ce matin la signature d'une vingtaine de milliards d'euros de contrats par des sociétés françaises, lors d'une cérémonie tenue au Grand Palais du Peuple de Pékin.

Areva et Airbus engrangent les contrats

Le groupe nucléaire Areva est enfin parvenu, après des mois de négociations, à vendre deux réacteurs nucléaires de type EPR à la Chine. La facture, 8 milliards d'euros environ, sera honorée pour partie en euros et pour partie en dollars, a expliqué la présidente d'Areva, Anne Lauvergeon, qui entend ainsi éviter l'écueil du change. "Nous n'avons pas de risque de change, ce qui est je crois une première en Chine", a-t-elle insisté. Le géant du nucléaire a en outre signé de multiples accords avec la Chine, dont un scellant la création prochaine d'une co-entreprise d'ingénierie ou un autre au terme duquel le groupe chinois CGNPC s'engage à acheter 35 de la fourniture de pièces pour le futur appareil. "Il n'y a pas d'A350 à ce stade mais on a signé un accord de coopération industrielle sur l'A350, qui doit nous permettre d'être en position privilégiée pour la suite", a expliqué le numéro deux d'Airbus et ancien patron d'Eurocopter Fabrice Brégier. D'ailleurs, le numéro un mondial des hélicoptères civils et filiale, comme Airbus, d'EADS, n'est pas en reste puisqu'il a vendu 10 appareils EC 155 pour 80 millions d'euros à Pékin.

Bémols sur de grands dossiers

Alcatel-Lucent, le spécialiste des équipements de télécommunications, a pour sa part décroché 750 millions d'euros de contrats pour des réseaux mobiles, via sa puissante filiale locale Alcatel Shanghai Bell. Parmi les autres "bénéficiaires" du voyage présidentiel, on retrouve le transporteur maritime marseillais CMA-CGM, qui a obtenu la création d'une co-entreprise pour l'équipement et l'exploitation d'un terminal portuaire à Xiamen Haicang, la banque Natixis ou encore Sanofi Pasteur, la filiale de Sanofi Aventis, qui construira une usine de vaccins contre la grippe dans le pays. Alstom a également signé un petit contrat d'équipements avec le métro de Shanghai.

Satisfecit donc pour cette tournée présidentielle en Chine. La moisson est cependant à nuancer. D'abord parce que certains de ces contrats étaient en cours de finalisation depuis longtemps. C'est le cas de celui d'Areva, qui avait préféré dans un premier temps s'effacer de l'appel d'offre remporté par son concurrent Westinghouse, jugeant les conditions de transferts technologiques requis par les autorités chinoises inacceptables. Pékin avait recollé les morceaux il y a quelques mois avec le groupe français, en lui proposant un "lot de consolation", 2 EPR, nécessaires pour répondre à la demande énergétique croissante du pays. La médaille d'Airbus a aussi son revers. L'avionneur n'a toujours pas réussi à placer son A380 sur ce qui sera dans les années à venir le premier marché du monde.

La Chine entend faire preuve de pragmatisme et se décidera sur le tard concernant l'appareil, après avoir pu mesurer son efficacité opérationnelle. Pas de commandes d'A350 non plus, même si l'annonce d'un partenariat technologique avec Pékin sur l'appareil de nouvelle génération laisse augurer, Fabrice Brégier l'a dit, des lendemains plus favorables. Enfin, toujours pas de nouvelles concernant l'Arlésienne locale, la liaison ferroviaire grande vitesse entre Pékin et Shanghai, dont tout le monde parle depuis 5 ans mais que personne ne voit venir. Alstom et son TGV devront donc attendre encore, même si Nicolas Sarkozy n'a pas manqué d'insister sur "la pertinence pour le TGV Pékin Shanghaï du projet Alstom".


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