Crise: Sommet réduit à Paris
Publié le 04 octobre 2008 à 11h33 par Matthieu VERRIER
Après avoir été suspendu pendant une semaine au Congrès américain qui a finalement adopté le plan Paulson, le monde financier pourrait se tourner maintenant vers Paris. Nicolas Sarkozy réunit en effet ce samedi les membres européens du G8. L'Elysée tempère toutefois les attentes. Aucune mesure concrète ne devrait sortir de cette réunion préparatoire à un futur sommet.

Nicolas Sarkozy recevra notamment Angela Merkel pour élaborer des propositions face à la crise. (Reuters)
Après les Etats-Unis, c'est à l'Europe de réfléchir aux solutions de la crise financière. Nicolas Sarkozy réunit ce samedi les chefs de gouvernement des pays européens du G8. L'Allemande Angela Merkel, l'Italien Silvio Berlusconi et le Britannique Gordon Brown se retrouveront à l'Elysée à partir de 16 heures 30. Mais il ne devrait pas sortir de cette réunion le pendant européen du plan Paulson, adopté vendredi par la Chambre des représentants et promulgué par le président George Bush.
Aux chefs de gouvernement se joindront Jean-Claude Trichet, le gouverneur de la Banque centrale européenne, José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, et Jean-Claude Juncker, président de l'Eurogroupe. En revanche, les autres pays membres de l'Union n'ont pas été conviés, au risque d'accroître les dissonances. Car les avis sont loin d'être unanimes. Ainsi, l'Elysée préfère parler d'une réunion de travail préparatoire plutôt que d'un sommet de crise.
Une Europe divisée
Le G4 servira effectivement à préparer la réunion d'un G8 élargi que Nicolas Sarkozy a appelé de ses voeux. Ce grand sommet, une sorte de "nouveau Bretton Woods" aurait pour objectif de "refonder" le capitalisme financier mondial. Angela Merkel a ainsi souhaité "tirer les leçons de la crise" afin de "réfléchir aux règles que nous voulons avoir et à la façon de les intégrer au G8".
Les Européens apparaissent cependant divisés sur la question. Selon une information de presse, la France aurait préparé un plan à l'image du plan Paulson, au début de la crise. L'Allemagne s'y est immédiatement opposée, poussant Paris à démentir l'existence de tout projet de ce type. La Grande-Bretagne est méfiante à l'égard d'une réponse unifiée de l'Europe. Londres s'est par ailleurs agacé des initiatives irlandaises qui a annoncé un large plan de 400 milliards d'euros pour garantir les dépôts dans les banques. Les Pays-Bas aurait repris l'idée et proposé une enveloppe commune de 300 milliards d'euros. Par ailleurs, Henri Guaino a estimé que le respect des critères de Maastricht, qui empêchent le creusement des déficits, n'était pas "la priorité des priorités".
La Finlande mécontente
Nicolas Sarkozy, qui assure aussi la présidence du Conseil européen, a envoyé vendredi une lettre à ses partenaires pour les appeler à l'unité. Dans cette missive, l'Elysée demande aux Vingt-Sept de respecter le "cadre juridique de l'Union". "L'intérêt européen commande un effort intense de coordination et de convergence des actions à mener", poursuit-il. Un conseil européen réunissant les chefs d'Etat et de gouvernement se tiendra les 15 et 16 octobre à Bruxelles. Des mesures concrètes pourraient alors être avancées.
La réunion de Paris pourrait cependant semer le trouble parmi les partenaires non invité. Ainsi, le ministre finlandais des Finances a dénoncé le sommet restreint. "Si les grand pays et les représentants des institutions de l'UE comme le directeur de la BCE et peut-être quelqu'un d'autre de la Commission se rencontrent aujourd'hui et discutent entre eux, ce n'est pas une bonne façon de travailler. Nous sommes tous dans le même bateau", a estimé Jyrki Katainen. "La Finlande, la Suède et tous les pays de l'UE devraient être dans la même position en tant que décideurs. Est-ce que le message de la réunion sera: 'Nous sont tombés d'accord sur ceci et il faut que l'acceptiez? Espérons que non!"
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