Davos: L'économie en réflexion
Publié le 22 janvier 2008 à 16h47 par
Pour la 38e édition du forum économique de Davos, en Suisse, on attend au moins 2500 participants, dont 27 chefs d'Etats et 900 grands patrons. Mais cette année, le gratin de la finance mondiale débattra dans une ambiance morose: crise du subprime, hausse du pétrole et effondrement du cours des bourses. Le rôle des fonds issus des pays émergents devraient être aussi au centre des discussions.

Le forum économique de Davos, en Suisse, s'ouvre ce mercredi dans un climat d'incertitude. (Reuters)
En 2007, le sommet économique s'était tenu dans la bonne humeur, chacun pariant sur une bonne année en termes de croissance et de chiffre d'affaires. Changement d'ambiance cette année, tant le climat est dégradé. Les économies mondiales sont menacées par un ralentissement depuis l'été dernier et l'éclatement aux Etats-Unis de la crise des subprimes. Le cours du pétrole a aussi atteint son record, au dessus de la barre symbolique des 100 dollars, début janvier et depuis deux jours, les cours des bourses du monde entier ne cessent de s'effondrer. Autant de sujets de discussions pour les participants du Forum économique mondial de Davos.
Toutefois, initialement, les thèmes choisis par les organisateurs des débats laissent plutôt la part belle aux pays émergents et résonnent aujourd'hui avec acuité. En effet, les participants seront invités à se demander "<i>si le monde s'enrhume toujours quand l'Amérique éternue</i>" ou si "<i>l'Asie est prête à jouer son rôle sur la scène mondiale</i>". Au delà de leur rôle dans les débats, les représentants des quelques 900 grands patrons qui ont fait le déplacement, et qui ont par ailleurs déboursé entre 11000 et 26 000 euros, rentabiliseront ces quatre jours de débats pour accumuler des contacts ou préparer des marchés.
<b>Des questions sur les "fonds souverains"</b>
Mais une fois encore, le forum de Davos sera l'occasion d'un ballet diplomatique intense. Vingt-sept chefs d'Etats seront présents au grand raout suisse. On attend aussi Condoleezza Rice, la secrétaire d'Etat américaine, qui ouvrira l'événement, Gordon Brown, le Premier ministre britannique ou encore Alvaro Uribe, le président colombien. La France signe également son retour dans la station de montagne helvétique. François Fillon, accompagné de Christine Lagarde et de Bernard Kouchner, y présentera les réformes engagées par la France. Le Premier ministre sera à la tête d'une importante délégation de chefs d'entreprises estampillés tricolore, auxquels se joindront Jacques Attali, le président de la commission de libération de la croissance. Mais les regards seront surtout tournés vers Henry Paulson, le secrétaire d'Etat au trésor américain, chargé d'expliciter le plan de relance de 140 milliards de dollars annoncés par George Bush, que les marchés ont jugé inefficaces.
Autre vedette de cette 38e édition, les patrons des "<i>fonds souverains</i>", ces véhicules d'investissements de pays émergents qui sont venus à la rescousse des grandes banques occidentales après la crise du subprime. Issus du Moyen-Orient, du Koweït ou de Singapour, ces fonds sont souvent décriés en raison de leur opacité. Fait rare, à Davos, les Occidentaux auront l'occasion de contacter ces patrons, qui ont actuellement entre les mains au moins 2000 milliards d'actifs, et près de 12 000 milliards de dollars en 2015.
Toutefois, les dirigeants de la planète auront fort à faire pour redonner un peu d'optimisme à la population mondiale. Selon un sondage Gallup réalisé auprès de 61 000 personnes dans 60 pays, seuls 33% des gens pensent que les générations futures vivront dans un monde plus prospère. Et aucun indicateur ne vient contredire ce sentiment.
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