Déficit: Fillon répond à Bruxelles
Publié le 28 mai 2008 à 15h50 par
Alors que la Commission européenne a adressé à la France une recommandation sur le niveau de ses déficits, le Premier ministre et le chef de l'Etat ont tenu, chacun de leur côté, à faire preuve d'optimisme un peu plus tôt dans la journée. L'exécutif prévoit un retour à l'équilibre à l'horizon 2012, par une meilleure maîtrise des dépenses tout en excluant une hausse des prélèvements obligatoires.

François Fillon note une convergence entre la recommandation de la Commission européenne sur le déficit public et sa politique. (Reuters)
La sortie n'est pas anodine. En ce jour où la Commission européenne doit adresser à la France une "recommandation politique" sur le niveau de ses déficits, François Fillon a réaffirmé l'objectif "absolument indispensable" d'un retour à l'équilibre d'ici 2012 et confirmé que le rythme de progression des dépenses publiques serait divisé par deux d'ici à cette date.
Jouant l'optimisme, François Fillon, à l'issue de la deuxième Conférence nationale des finances publiques, a refusé de parler d'un "rappel à l'ordre" de Bruxelles, y voyant plutôt un "encouragement à poursuivre les réformes structurelles que nous conduisons ". Il a réaffirmé l'objectif d'un déficit public ramené à 2,5 en 2007, puis à 2 en 2008 et 3,0 sur la période 2010-2012. Par ailleurs, le rythme des dépenses de la Sécurité sociale doit permettre un retour à l'équilibre de celle-ci en 2011. "Nous allons tout faire pour apurer la dette accumulée de la Sécurité sociale", a affirmé François Fillon.
Le gouvernement compte aussi sur la Révision générale des politiques publiques (RGPP), sur l'amélioration des règles de gouvernance des finances publiques et promet une accélération des réformes économiques. Il a par ailleurs décidé de plafonner les niches fiscales qui ne le sont pas et de "systématiquement limiter dans le temps les dépenses fiscales dérogatoires, de manière que le Parlement soit amené à les examiner".
En voyage en Pologne, le président a, pour sa part, tenu à relativiser la recommandation que la Commission européenne s'apprête à adresser. "A mon avis, l"advice' c'est plutôt un conseil qu'un blâme", a estimé le chef de l'Etat lors d'une conférence de presse. "Il n'en reste pas moins que la France a des efforts à faire pour réduire les déficits", a toutefois estimé Nicolas Sarkozy. "Ces efforts nous les poursuivrons, avec notamment le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux".
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