EADS: Lagardère "n'a pas trahi"
Publié le 25 octobre 2007 à 13h22 par
Auditionné devant la Commission des finances de l'Assemblée, Arnaud Lagardère s'est longuement exprimé pour démentir tout délit d'initiés dans l'affaire EADS. Le patron du groupe Lagardère (propriétaire du JDD) a assuré: "Ce que je savais, l'Etat le savait". Il a notamment expliqué la condition de cession de ses actions et défendu le pacte d'actionnaire créé par le gouvernement Jospin.

Arnaud Lagardère a souhaité s'expliquer sur l'affaire EADS en toute franchise. (Reuters)
Souriant et détendu, Arnaud Lagardère s'est présenté devant les députés de la commission des finances avec l'intention de s'expliquer "devant la représentation nationale et à travers elle, devant les Français, qui se posent des questions légitimes". Le patron du groupe Lagardère a d'emblée souhaité "rectifier un nombre certains de contre-vérités". En premier lieu, il a nié tout délit d'initiés. "L'entreprise Lagardère n'a pas trahi les salaries d'EADS. Il n'y a pas eu de délit d'initié. J'insiste sur le terme d'"entreprise" car je n'ai pas d'action ni de stock-options en mon nom propre. Ni de parachute doré. Je suis garant sur mes biens propres de la santé de l'entreprise (du fait de la structure dite en "commandite" du groupe). Sur la bonne gouvernance, je n'ai aucune leçon à recevoir", a-t-il insisté.
Sur la gouvernance, d'ailleurs, le patron du groupe aéronautique a souhaité défendre celle du groupe, parfois décriée dans la presse. Elle est partagée entre un actionnariat français, via Lagardère, un actionnariat allemand via Daimler, avec l'Etat français en arbitre. "Je tiens à rendre hommage à Lionel Jospin, Dominique Strauss-Kahn et Jean-Claude Gayssot", qui ont ficelé ce pacte d'actionnaire, qui, selon lui "a eu ses vertus". "Tous les maux ne sont pas dus à la gouvernance, c'est faux". Il estime que Lagardère et Daimler ont ainsi été des actionnaires cohérents, tandis que l'Etat a eu "plusieurs visages".
"Ce que je savais, ce que je sais, l'Etat le savait, l'Etat le sait"
"Sans vouloir faire de procès d'intention", Arnaud Lagardère a notamment regretté qu'en 2003-2004, à l'époque où Francis Mer était ministre de l'Economie, "l'Etat se préoccupe davantage de changer une tête française à la tête du groupe par une nouvelle tête française", faisant référence au combat pour la présidence d'EADS entre Philippe Camus et Noël Forgeard. Cet épisode a "pollué, dérangé, déstabilisé l'entreprise". S'il a refusé de citer nommément ceux qui auraient orchestré cette "chasse aux sorcières", précisant qu'il le "réservait" pour l'AMF ou la justice, Arnaud Lagardère a rendu hommage aux deux hommes pour leur action à la tête d'EADS.
Quant à la circulation des informations entre le groupe industriel et l'Etat, Arnaud Lagardère, avec un souci évident de pédagogie, a martelé: "Ce que je savais, ce que je sais, l'Etat le savait, l'Etat le sait. Je ne veux pas laisser la moindre ambiguïté sur ce point-là . Il n'y avait absolument aucune divergence, aucune différence sur l'information entre l'Etat actionnaire et Lagardère actionnaire". Pour ce qui est de la cession des actions EADS du groupe Lagardère, il estime que "cela n'a pu surprendre personne", dans la mesure où il a dit depuis 1999 que l'avenir de Lagardère "se trouvait dans les médias". Entre 2000 et 2003, il explique que tous les actionnaires avaient interdiction de vendre, et qu'entre 2003 et 2005, il avait à régler le problème Camus-Forgeard, en même temps que la succession financière du groupe Lagardère après le décès de son père, Jean-Luc. D'où, un processus de cession engagé en novembre 2005, qui prendra fin en avril 2006.
"La cession des 7,5 restant n'est pas à l'ordre du jour", a-t-il simplement conclu.
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