EADS plaide sa cause
Publié le 13 juillet 2008 à 11h58 par
Les dirigeants d'EADS veulent rassurer les investisseurs. Alors que le contexte mondial inquiète les analystes, que le prix du kérosène augmente tous les jours et que ses dirigeants ont toujours maille à partir avec la justice, Louis Gallois, patron du groupe, reste optimiste. Le plan Power 8 permettra bien de faire des économies, et un gros contrat américain devrait relancer le titre.

Louis Gallois se veut rassurant quant à la santé globale d'EADS. (Reuters)
Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes chez EADS. C'est en tout le cas le message qu'a voulu faire passer Louis Gallois, patron du géant de l'aéronautique, lors d'un séminaire de presse organisé ce week-end à l'occasion de l'ouverture, lundi, du salon aéronautique de Farnborough, dans la banlieue de Londres. Les ennuis judiciaires de certains des dirigeants, la hausse ininterrompue du prix du baril de pétrole et la hausse de l'euro par rapport au dollar ne porteront pas préjudice au groupe selon lui. Et le patron d'EADS annonce même des lendemains ensoleillés.
Les chiffres n'auraient donc pas toujours raison. Depuis le début de l'année, le titre EADS a reculé de 45% et la capitalisation boursière du groupe est désormais inférieure à neuf milliards d'euros. Pas de quoi inquiéter les plus hautes sphères du géant de l'aéronautique. Des mesures ont en effet été prises pour remédier aux problèmes. Seul souci, l'annonce des mesures du plan Power 8, très attendues par les marchés, a été reportée, alors qu'elles devaient être rendues publiques en juin. Ce qui n'empêche pas pour autant les entreprises du groupe de s'y préparer.
Un contrat de 35 milliards de dollars avec l'armée de l'air américaine
Airbus, la principale division d'EADS, travaille ainsi sur ce plan qui prévoit la suppression de quelque 10 000 postes, ainsi que la vente de plusieurs sites industriels en Europe. Lors de son élaboration, le plan tablait toutefois sur une parité euro-dollar de 1,45. Celle-ci s'établit aujourd'hui à 1,59, ce qui inquiète nombre d'analystes financiers. Louis Gallois a toutefois répété qu'Airbus tiendrait le principal objectif d'économies de Power 8, à savoir 2,1 milliards d'euros d'économies annuelles en 2010. "'Power 8' concernera toutes les divisions d'EADS, pas seulement Airbus, et cela permettra de renforcer la sécurité de l'entreprise vis-à -vis des fluctuations du dollar", a-t-il estimé.
Alors que de multiples préoccupations pèsent sur le contexte économique mondial, sur l'avenir du cycle du transport aérien, sur le niveau des budgets militaires et que certains de ses dirigeants doivent faire face à une enquête de la justice autour d'éventuels délits d'initiés, le groupe se veut rassurant. "Lorsque je regarde le carnet de commandes d'Airbus, je vois que les annulations ont été très limitées au cours des six derniers mois. Pour le futur, nous devons être vigilants mais je ne veux pas paniquer: le trafic aérien est là , la situation d'aujourd'hui n'a rien à voir avec celle de 1993 ou celle de 2001", a ainsi plaidé Louis Gallois. Le directeur financier du géant européen d'aéronautique et de défense, Hans Peter Ring, a de son côté annoncé que les carnets de commandes étaient pleins chez Airbus.
Pour finir de rassurer les investisseurs internationaux, et après s'être félicité du changement de gouvernance "réussi" intervenu en 2007, Louis Gallois se réjouit par avance d'un éventuel contrat qui pourrait bien booster les chiffres du groupe. Fin février, EADS a en effet été sélectionné aux côtés de Northrop Grumman pour la fourniture de 179 avions ravitailleurs à l'armée de l'air américaine. Un contrat qui devrait rapporter pas moins de 35 milliards de dollars (21,9 milliards d'euros) sur douze ans au vainqueur de l'appel d'offres. Sauf que, évincé dudit appel d'offres, Boeing a tapé du poing sur la table. Le Government Accountability Office, l'équivalent américain de la Cour des comptes, a dès lors décidé de rouvrir l'appel d'offres suite à l'identification de huit points litigieux. Pas de quoi jeter le trouble dans l'esprit de Louis Gallois. "Nous avons le meilleur avion, nous remporterons le contrat", a-t-il affirmé sans la moindre hésitation.
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