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Eurostar, l'indispensable Paris-Londres

Publié le 09 janvier 2008 à 14h00 par

En un peu plus de 13 ans, Eurostar, qui assure la liaison ferroviaire avec Londres depuis Paris et Bruxelles, ne cesse de gagner du terrain. Les chiffres de l'exercice 2007 du transporteur démontrent qu'il a su se tailler la part du lion sur l'une des liaisons les plus fréquentées du continent, au grand dam des compagnies aériennes. Et son emprise ne devrait pas décroître, loin de là...

Lancé il y a treize ans, Eurostar annonce des chiffres très positifs pour son exercice 2007. - Reuters
Lancé il y a treize ans, Eurostar annonce des chiffres très positifs pour son exercice 2007. (Reuters)
En un peu plus de 13 ans, Eurostar, qui assure la liaison ferroviaire avec Londres depuis Paris et Bruxelles, ne cesse de gagner du terrain. Les chiffres de l'exercice 2007 du transporteur démontrent qu'il a su se tailler la part du lion sur l'une des liaisons les plus fréquentées du continent, au grand dam des compagnies aériennes. Et son emprise ne devrait pas décroître, loin de là...

Les chiffres publiés par Eurostar ce matin démontrent que le rail n'a pas fini de perturber les compagnies aériennes sur la liaison entre Londres et le continent. Le transporteur a annoncé que 8,26 millions de voyageurs ont emprunté la ligne qui relie la France et la Belgique à la Grande-Bretagne, soit 5,1 entre la mi-novembre et la fin décembre par rapport à la même période de 2006. Elle a réduit le temps de trajet entre Paris et Londres à moins de 2h30, à 2h15 même pour les liaisons les plus rapides. Bruxelles est pour sa part à 2h00 de Londres (1h51 pour le trajet le plus rapide).

Une performance qui se traduit dans les recettes, puisque le chiffre d'affaires a progressé en un an de 15,5 par rapport à 2006. Le taux de ponctualité est lui inchangé à un niveau qu'Eurostar juge "excellent" à 91,5 par trajet et par voyageur d'ici 2012.

Le dirigeant ne tarit pas d'éloges sur son nouveau service et sur la gare flambant neuve de Saint Pancras, logée au coeur de Londres, "définitivement la meilleure gare d'Europe", a-t-il clamé ce matin. Eurostar bénéficie d'une forte croissance de la clientèle d'affaires, qui apprécie le calme des wagons, le service à bord et les procédures simplifiées d'enregistrement. "Les grandes compagnies comme British Airways et Air France qui opèrent les liaisons entre Paris et Londres seront touchées", prophétisait Chris Avery, un analyste spécialisé dans le transport aérien chez JP Morgan, lors du lancement de la ligne à grande vitesse il y a quelques semaines. British Airways avait d'ailleurs attaqué la politique de tarification d'Eurostar devant le Conseil de la Concurrence français, jugeant que son concurrent terrestre avait mis en place une stratégie prédatrice.

Le régulateur avait écarté en novembre dernier la requête, estimant qu'Eurostar "n'a pas mis en oeuvre de stratégie prédatrice dans le but de perturber ou d'éliminer toute concurrence sur la route Paris-Londres". Le Conseil avait également balayé l'argument de la compagnie britannique qui arguait que les subventions croisées au sein de la SNCF perturbaient le marché, car "si les compagnies aériennes ont, en effet, perdu des parts de marché, le marché lui-même a très fortement augmenté du fait des services nouveaux apportés par Eurostar".

La part de marché d'Eurostar sur la liaison Paris/Londres, évaluée à 70 sur les 3 prochaines années. Un bémol cependant à cette "success-story": le transporteur n'est pas rentable, du moins pas partout. Guillaume Pepy a expliqué que si l'entreprise générait des profits pour la SNCF et la Belgique, il n'en va pas de même pour la partie britannique, toujours grevée par le prix des péages ferroviaires.


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