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G7: D'accord pour ne rien dire

Publié le 09 février 2008 à 11h34 par

Le sommet de Tokyo a essentiellement débouché sur des déclarations d'intention. Les ministres des Finances et banquiers centraux du G7 se sont retrouvés au Japon pour chercher des solutions à la crise économique mondiale. Aucun consensus n'a cependant pu être trouvé sur la question des taux de change, au coeur des discussions entre Européens et Américains.

Christine Lagarde et son homologue américain, Henry Paulson, ont participé au sommet de Tokyo. - Reuters
Christine Lagarde et son homologue américain, Henry Paulson, ont participé au sommet de Tokyo. (Reuters)


Aux grands problèmes, les grands remèdes? Les ministres des Finances et les gouverneurs de banques centrales des sept pays les plus industrialisés (Allemagne, Japon, Etats-Unis, Canada, Grande-Bretagne, Italie, France) se sont retrouvés à Tokyo pour tenter d'enrailler la crise économique mondiale. La question des taux de change semble inquiéter tous ces pays, les Européens se plaignant notamment de la faiblesse du dollar par rapport à l'euro. Aucun consensus pourtant n'a pu être trouvé.

Jeudi, Jean-Claude Trichet, le gouverneur de la Banque centrale européenne, longtemps inflexible sur la politique de taux de change, a lui-même laissé entendre qu'une baisse des taux directeurs, principal outil d'action sur la valeur de la monnaie, serait envisageable dans les mois prochains. Christine Lagarde, la ministre française des Finances, a salué samedi cette inflexion, tout en rappelant les inquiétudes françaises. "A cause de la hausse de l'euro, les sociétés françaises sont en train de perdre leur compétitivité face aux sociétés non européennes, comme les américaines et celle du Moyen-Orient, ce qui entraîne un creusement problématique du déficit commercial de la France", a-t-elle estimé.

Pour une meilleure appréciation du yuan

La France n'est pas seule à s'inquiéter ainsi. Le contre-exemple allemand, pays de la zone euro dont les exportations se portent très bien, a longtemps servi de bouclier contre les attaques, notamment françaises, à l'égard de l'euro fort. "Jusqu'ici, je pensais de manière générale que l'appréciation de l'euro était plus que compensée par la croissance du commerce mondial", a ainsi rappelé samedi Joaquin Almunia, commissaire européen aux Affaires monétaires, avant d'ajouter: "En même temps, il faut dire qu'au vu des développements dans le taux de change effectif de l'euro (...) il a atteint un niveau que nous pouvons considérer comme dépassant le niveau d'équilibre."

Si les taux d'intérêt préoccupent au premier plan –la BCE acceptant tout juste de ne plus les monter, alors que la Réserve fédérale américaine ne cesse de les baisser-, ce paragraphe reste cependant vierge dans la déclaration finale de ce G7, les sept pays n'étant pas parvenus à s'entendre. Les participants ont tout de même réussi à s'accorder... pour un appel à la Chine, absente du sommet. Les ministres devraient ainsi exhorter Pékin, comme ils l'avaient déjà fait en octobre, à accélérer l'appréciation du yuan. La monnaie chinoise est en effet considérée comme sous-évaluée.

Déclarations d'intention

Le G7 en appelle aussi aux exportateurs de pétrole, leur demandant d'augmenter la production pour faire baisser les cours. Le baril a dépassé la barre des 100 dollars début janvier et a ainsi encouragé l'inflation mondiale. Le cours est toutefois retombé à moins de 90 dollars le baril. "Les prix élevés du pétrole reflètent en grande partie l'accroissement de la demande mondiale mais d'autres éléments tels que les inquiétudes géopolitiques jouent également (un) rôle", lit-on dans le communiqué final.

Le front uni des sept pays les plus industrialisés se constitue lorsqu'il s'agit de lancer des appels aux autres pays. Pour le reste, les ministres se contentent de déclarations d'intention. "Nous allons continuer à suivre les développements de près et prendre les mesures appropriées, individuellement et collectivement, afin d'assurer la stabilité et la croissance de nos économies", ont pu vaguement conclure les ministres et gouverneurs de banques centrales.


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