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Ghosn: "Une voiture à zéro emission"

Publié le 08 mars 2008 à 17h00 par

Renault, le retour. Après deux années très difficiles, le constructeur français, allié à Nissan, se montre optimiste sur sa conquête des marchés mondiaux: Inde, Brésil, Russie... les projets fourmillent. Après la Logan, devenue une réussite planétaire, Carlos Ghosn nous détaille les perspectives. Avec un message fort: l'avenir à court terme est dans la voiture électrique. Extraits.

Pour le patron de Renault-Nissan, le futur du secteur est dans les automobiles 'propres'. - Reuters
Pour le patron de Renault-Nissan, le futur du secteur est dans les automobiles 'propres'. (Reuters)


Un mot, tout d'abord, du conflit qui agite le patronat français: on vous prête une position de soutien à Laurence Parisot...
S'il y a une perception de manque de transparence, de manque de confiance, il faut collectivement analyser de manière lucide ce qui ne va pas, pour le changer, et ce qui va, pour le garder. Pour moi, le sujet n'est pas de prendre parti pour rajouter une voix dans la bataille. Restons concentrés sur l'essentiel : l'emploi et la croissance.

Renault-Nissan depuis presque dix ans. Où aller maintenant pour en assurer un nouvel avenir?
Je ne vois plus beaucoup de marchés où l'alliance ne soit pas présente aujourd'hui. Notre stratégie est de l'étendre partout. Nissan est en Chine. Renault a pris de l'avance en Inde et se développe en Russie. Nissan détient 7,3 % de parts de marché aux Etats-Unis... Chaque partenaire prend le leadership sur un marché et met ensuite ses infrastructures à la disposition de l'autre pour l'aider à entrer sur ce marché. L'alliance Renault-Nissan est la seule qui marche dans l'industrie automobile. Il y a eu beaucoup d'évolutions ces dernières années. Au début, nous développions des synergies plutôt réactives, en partageant des implantations ou des connaissances. Maintenant, Renault et Nissan développent des synergies plus actives en partant ensemble d'une page blanche. C'est vrai au Maroc, avec la construction de l'usine de Tanger. C'est vrai en Inde, avec le site de Chennai. C'est aussi le cas du projet de voiture à 2.500 dollars que nous développons avec notre partenaire indien Bajaj.

Le succès de la Logan bouleverse la vision traditionnelle de l'automobile: comment voyez-vous la voiture de la prochaine décennie?
Une des directions dont nous voyons aujourd'hui les prémices, c'est la voiture à impact environnemental nul: aucune émission de CO2, aucun rejet de particule, aucun bruit de moteur. Il y a une demande pour les voitures à zéro émission de la part de certains Etats, certaines villes ou certaines entreprises, mais il n'y a pas d'offre. Nous voulons arriver avec une offre convaincante sur un marché mondial annuel qui représenterait potentiellement 10 millions d'unités, sur un total de 65 millions. C'est un enjeu majeur pour nous. Nous avons choisi de donner la priorité à la voiture électrique, avant la pile à combustible, car la technologie des batteries évolue très vite. C'est l'origine de notre projet pilote en Israël, prévu pour 2011.

Retrouvez l'interview complète de Carlos Ghosn dans Le Journal du Dimanche à paraître demain.


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