Hausse des prix: A qui la faute?
Publié le 25 février 2008 à 8h59 par
Selon une étude de 60 millions de consommateurs, à paraître mardi, les prix des produits alimentaires ont explosé de novembre à janvier, avec une augmentation de près de 50%. Une hausse qui ne s'explique pas seulement par la hausse des matières premières, selon cette étude. Industriels, distributeurs et producteurs se renvoient la balle et le gouvernement s'inquiète.

Luc Chatel a l'intention de réagir face à la hausse des prix des produits alimentaires. (Maxppp)
"On ne peut pas l'accepter". Sitôt les résultats de l'enquête de l'Institut national de la communication connus, Luc Chatel, secrétaire d'Etat chargé de la Consommation et du Tourisme, s'est empressé de monter au créneau pour critiquer cette inflation des prix des denrées de consommation courante. Beurres, yaourts, pâtes, céréales, biscottes, pains de mie, riz et jambons ont en effet vu leurs prix augmenter de 5 entre novembre et janvier! Et si la hausse du prix des matières premières est un premier élément d'explication, elle n'est pas la cause de tous les maux, explique Jeanne-Marie Husset, directrice de la rédaction de 60 millions de consommateurs. "Le prix du lait ne représente que le tiers du prix final du yaourt. Comment expliquer que certains yaourts aient augmenté de 40 plus chers en moyenne que les autres pays européens dans la grande consommation. Une étude récente montrait que le panier de la ménagère allemande était 30 en 2007 grâce à la flambée des cours des matières premières: "Le prix du lait au producteur a augmenté, mais sans commune mesure avec la hausse du prix au consommateur", indique Christophe Lefebvre, directeur de la communication de la Coordination rurale, l'un des syndicats agricoles. Dans ce ping pong verbal, Luc Chatel a bien l'intention de jouer les arbitres et de remettre les choses à plat pour que 2008 ne ressemble pas à 2007.
Pour cela, le secrétaire d'Etat chargé de la Consommation et du Tourisme rappelle qu'il a fait "voter en décembre une loi qui entre en vigueur le 1er mars" et qui prévoit de "restituer les fameuses marges arrières", autrement dit "les avantages commerciaux et les promotions que les distributeurs obtiennent de leurs fournisseurs". Un texte qui, selon lui, "va permettre aux distributeurs de faire leur métier", et "là où ils voudront baisser les prix, ils pourront". Mais en attendant l'application de ce texte, les producteurs sont soupçonnés de gonfler leur prix pour anticiper la mesure. Attendu au tournant sur le pouvoir d'achat, le gouvernement sait que le caddie de la ménagère en est l'une des premières illustrations. Et selon les associations de consommateurs, la loi Chatel n'aura que des effets limités. Le porte-monnaie des Français devrait donc patienter avant de se renflouer.
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