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L'inquiétante hausse des prix

Publié le 14 décembre 2007 à 12h51 par

L'inflation a atteint 3,1% en Europe sur les 12 derniers mois, selon les derniers indicateurs publiés par Eurostat. Inquiétant, selon les économistes, d'autant que la croissance bat de l'aile et que les politiques monétaires sont plutôt expansionnistes depuis que la crise financière a éclaté. Au centre des préoccupations, le prix des produits agricoles, qui ne cessent de renchérir...

Sensible en France, la hausse des prix concerne l'ensemble des pays. - Reuters
Sensible en France, la hausse des prix concerne l'ensemble des pays. (Reuters)
L'inflation a atteint 3,1IMAGE7186LEFT sur les 12 derniers mois, contre 2,6 enregistré le mois dernier propulse l'inflation sur un rythme inégalé depuis mai 2001. Il y a un an, les prix limitaient leur progression à 1,9 sur un an, après 2,7), les Transports (+5,8) ont connu les progressions les plus importantes. Seules les Communications (-1,8. Plusieurs pays sont largement au-dessus de la moyenne, comme la première économie de la zone euro, l'Allemagne, où les prix ont enflé de 3,3 de hausse, devançant la Grèce (+3,9).

Au regard de ces éléments, la France apparaîtrait presque comme un bon élève de ce point de vue, ce qui n'est sans doute pas pour déplaire au gouvernement et à son leitmotiv: la hausse pouvoir d'achat. Pas de triomphalisme cependant. Les prix à la consommation en France, s'ils progressent moins vite que ceux de nos voisins européens, n'en sont pas moins en vive hausse. L'INSEE a annoncé hier qu'ils ont crû de 0,5 sur un an après 2 en novembre et de 2,6 comme le mois précédent. Son évolution sur un an est de +1,7 au mois d'octobre. Elle mesure l'évolution des prix hors produits frais, énergie, tabac et tarifs publics. En filigrane, apparaît la forte progression du prix des produits alimentaires, qui inquiète de plus en plus les économistes, déjà préoccupés par la flambée des prix pétroliers. Au point que certains évoquent un véritable "choc des tarifs alimentaires", d'autant que les indicateurs pointent une poursuite de la hausse. Une tendance mondiale qui frappe l'ensemble des économies, pays industrialisés en tête.

Le dilemme des banques centrales

Ce retour de l'inflation sur le devant de la scène pose de nombreux problèmes macroéconomiques, en particulier dans un contexte de fragilisation de la croissance mondiale. Les banques centrales sont engagées dans une phase d'assouplissement monétaire, depuis que la Réserve fédérale américaine a commencé à réduire ses taux pour tenter de relancer la première économie mondiale. Or le principal outil de contrôle de l'inflation est la hausse des taux directeurs dans le cadre d'une politique monétaire restrictive. Garante de la stabilité des prix dans la zone euro, la Banque centrale européenne est ainsi prise entre deux feux. D'un côté les marchés financiers espèrent une baisse des taux pour soutenir l'économie (relance de l'investissement et de la consommation au détriment de l'épargne), de l'autre la menace inflationniste s'accroît et tend à réduire la capacité d'intervention de la BCE. "Nous sommes constamment en alerte", a affirmé le 6 décembre dernier son gouverneur Jean-Claude Trichet. D'ailleurs, celui-ci avait à contrecoeur opté pour un statu quo sur les taux directeurs européens en septembre dernier, pour limiter les effets de la crise financière. Il n'a pas caché que lors de la dernière réunion, certains membres de la BCE auraient préféré un relèvement des taux, voyant la menace inflationniste croître.

La BCE pense que la hausse des prix devrait s'atténuer et revenir proche des 2%, le niveau cible des autorités monétaires européennes, mais pas avant la fin 2008. D'ici là, il faudra faire des choix pour en limiter l'impact. Il va sans dire que la crise financière actuelle complique largement l'équation pour la BCE comme pour les autres principales banques centrales occidentales.


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