L'OMC au bord du blocage
Publié le 28 juillet 2008 à 19h35 par
A deux jours de la fin des négociations de Genève sur le cycle de Doha, l'OMC est toujours dans l'incapacité de parvenir à un accord entre pays développés et pays émergents sur la libéralisation des échanges commerciaux. Alors que neuf pays européens ont négocié une alliance pour préserver leurs intérêts, Etats-Unis, Chine et Inde se renvoient la responsabilité du blocage.

Même si la tension monte à l'OMC, Pascal Lamy veut rester optimiste. (Reuters)
La dernière ligne droite s'annonce difficile à Genève. Lundi, à deux jours de la clôture des négociations de l'organisation mondiale du Commerce (OMC) sur le cycle de Doha, débuté en 2001 et censé aboutir à un accord sur les réductions des barrières douanières, les parties en présence ont fait force étalage de leurs divisions. La tension est même montée d'un cran entre les Etats-Unis, la Chine et l'Inde, qui s'accusent mutuellement de ne pas faire les efforts nécessaires pour sortir du blocage.
Pendant ce temps, la France, opposée au texte présenté vendredi par Pascal Lamy, le directeur général de l'OMC,est parvenu à rallier à sa cause plusieurs de ses partenaires européens proches de ses préoccupations. Finalement, neuf pays de l'Union européenne, la France, la Pologne, la Hongrie, l'Irlande, la Grèce, le Portugal, la Lituanie, Chypre et l'Italie, ont conclu une alliance visant à promouvoir une amélioration des termes du compromis. "Ils veulent améliorer la base de négociation proposée par (le directeur général de l'OMC) Pascal Lamy dans le but de protéger les intérêts des entreprises et des citoyens européens", a indiqué un porte-parole du gouvernement italien. "La France est plus que jamais attachée à la promotion du développement, notamment des pays les plus pauvres, qui est l'objectif du cycle actuellement en cours", lit-on dans un communiqué publié à l'issue du conseil des ministres français. "Si l'Europe doit jouer un rôle moteur à cet égard, elle doit aussi assurer la protection des intérêts européens avec vigilance et sans naïveté, notamment à l'égard des grands pays émergents."
La menace d'un échec est bien réelle
Une ligne finalement pas si éloignée de celle des Etats-Unis, qui préfèrent de leur côté désigner des responsables. Pour David Shark, représentant adjoint des Etats-Unis à l'Organisation mondiale du commerce, les actions de la Chine et de l'Inde, accusées d'avoir rejeté d'importants éléments de l'offre de compromis élaborée la semaine dernière par Pascal Lamy, "ont fait courir à tout le cycle de Doha, au cycle du développement, le plus grand péril de ses presque sept ans d'existence. (...) Si ces deux pays membres ne changent pas immédiatement d'attitude pour tenter de résoudre les problèmes plutôt que d'en créer, nous repartirons tous de Genève les mains vides", a-t-il ajouté.
La menace d'un échec est donc bien réelle. "Le risque existe que sur cette base actuelle, il puisse ne pas y avoir l'unanimité au Conseil européen des ministres l'an prochain sur un accord final", a ainsi déclaré le ministre français de l'Agriculture Michel Barnier. Pourtant, les dirigeants de l'OMC affichent toujours leur optimisme. "Nous sommes proches du but, proches d'un succès très important. Il ne nous reste plus qu'un petit effort à accomplir dans ce sommet", a assuré Pascal Lamy. Les prochaines heures s'annoncent décisives.
Copyright 2008 © leJDD.fr
Articles sur le même thème
Copyright ©2008 Newsweb. Tous droits réservés.
Les discussions les plus actives
- Pour ou contre l'hébergement forcé des SDF ?
- Le PS est-il un panier de crabes ?
- Martine Aubry nouvelle secrétaire du parti socialiste !
- Pour ou contre le retour de Noir Désir ?
- Le Beaujolais nouveau a-t-il un goût de banane ou de fruits rouges ?
- L'adoption par les couples homosexuels en question
- PS : ça sent pas la rose !
- Journée de la gentillesse : quel sera votre geste gentil aujourd'hui ?

Il n'y a pas de commentaires pour le moment.