La France en panne
Publié le 22 juin 2008 à 10h00 par
En mai, les ventes de produits alimentaires en grande distribution ont baissé de 2,4% par rapport à mai 2007. Les entreprises aussi se serrent la ceinture, et taillent dans les dépenses les moins urgentes. Quant aux prévisions de croissance de l'Insee pour l'année 2008, elles sont inférieures à ce que prévoit le gouvernement. La France serait-elle en panne? Tour d'horizon.

Remplir son chariot devient extrêmement coûteux. (Maxppp)
Parmi la batterie de chiffres de l'Insee, c'est l'indicateur le plus encourageant. D'après les statisticiens, le nombre de demandeurs d'emploi devrait continuer à diminuer cette année. Certes, le rythme de la décrue devrait nettement s'atténuer, mais le taux de chômage peut tomber à 7,1 un an auparavant. L'économiste Eric Heyer, de l'Observatoire français des conjonctures économiques, pense même que "les prévisions pourraient être encore meilleures". L'Insee anticipe près de 200 000 créations d'emplois sans baisse plus forte du chômage, c'est étonnant. "La population active augmente d'environ 60 000 personnes. Il devrait donc y avoir un demi-point de chômage en moins", estime-t-il.
Reste que deux grands secteurs vont mal. L'industrie continue de supprimer des emplois: les usines perdraient 48 000 postes au second semestre, selon l'Insee. Pour sa part, la construction a réduit ses recrutements d'un tiers, repli de l'immobilier neuf oblige. Les principaux concernés sont les intérimaires. Ils sont de plus en plus nombreux à s'inscrire à l'ANPE (+8. "Depuis, son directeur des achats a intégré le comité exécutif du groupe, aux côtés du directeur financier", relève Guy Courtois, fondateur de Factea Sourcing, l'un des cabinets leaders en stratégie d'achat en France.
Au risque de peser sur les investissements et de ralentir la croissance? L'Insee redoute un coup de frein aux dépenses d'équipement des entreprises (voir graphique). La faiblesse des commandes et le durcissement des conditions bancaires pour obtenir un prêt pénaliseraient les grands projets. Toutefois, certains économistes ne partagent pas cette analyse. Pour Christophe Aymard, consultant chez LowendalMasaï, l'autre grand cabinet du secteur, "il n'y a pas de corrélation entre une recherche d'optimisation des achats et le poste investissements". Et il poursuit: "Pour les entreprises, se moderniser ou investir pour augmenter leurs capacités de production est la condition sine qua non de leur survie."
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