"La hausse du prix du lait est obligatoire"
Publié le 22 avril 2008 à 17h25 par
La Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) a annoncé lundi que le prix payé aux producteurs de lait allait augmenter de 26 au premier. Pour le consommateur, cela correspond à une inflation de 5 à 10% sur les produits laitiers, soit en moyenne 6 euros par mois. Henri Brichart, président de la FNPL, explique au JDD.fr les raisons de cette hausse.

Henri Brichart, président de la FNLP, veut des ''revenus équitables'' pour les producteurs. (Maxppp)
J'aimerai commencer par préciser – car il y a eu un certain nombre d'incompréhensions sur le sujet – que cette augmentation de 26), qui elle aussi était calculée par rapport au premier trimestre 2007.
Donc la hausse ne sera pas de 83 par rapport au prix moyen payé au producteur l'année précédente. Cette hausse s'explique par le déséquilibre entre une demande croissante en produits laitiers et une offre qui n'arrive pas à suivre. A l'échelle mondiale, la population et la croissance augmentent, donc la demande en produits transformés – produits laitiers compris – se développe. D'où l'augmentation des cours.
Qui décide de cette hausse?
Ce sont les producteurs, mais ils n'ont pas le choix. Cette hausse des prix est obligatoire si on veut qu'ils continuent à produire, voire qu'ils produisent plus.
Il faut savoir que la moitié de cette augmentation va être absorbée par les charges qu'ils payent. Y compris par les dépenses servant à l'alimentation des vaches, qui leur reviennent de plus en plus cher, notamment à cause de l'augmentation du prix des matières premières.
"La balle est dans le camp des distributeurs"
Et l'autre moitié?
L'autre moitié va servir à donner aux producteurs un revenu dit "équitable". C'est-à -dire un revenu qui leur donnera envie de continuer à faire ce métier, dont la difficulté s'est accrue ces dernières années.
La meilleure preuve de cette nécessité est la suivante: depuis que le prix du lait augmente, la production a cru de 10: l'ont-ils répercuté sur leur prix de vente? Non. Ils se sont faits des marges; ils pourraient aujourd'hui puiser dedans.
Croyez-vous que des actions du type de celle qu'avait menée Leclerc en retirant "La Vache qui rit" de ses rayons pourrait changer quelque chose?
Je pense qu'il s'agissait surtout d'une opération marketing. Souvenez-vous: ils avaient retiré une certaine portion du produit, mais toutes les autres étaient encore vendues chez Leclerc. Résultat: si le consommateur voulait acheter de "La Vache qui rit", il pouvait le faire chez Leclerc.
Je crois tout de même que si le consommateur veut continuer à consommer du lait de qualité en quantité souhaitée, il doit aussi accepter de payer un prix "équitable", qui prend compte des évolutions du métier, de l'offre et de la demande. D'autant que le prix des produits laitiers n'avait pas beaucoup augmenté depuis 2000.
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