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La montagne se met au vert

Publié le 20 décembre 2007 à 9h00 par

Peu de gens connaissent le lac de l'Ariondaz. Normal, il est apparu cette année, sur les hauteurs de Courchevel (Savoie). Une réserve géante de 145000 mètres cubes d'eau glacée. Sa fonction ? Alimenter en neige les pistes de la célèbre station de sports d'hiver. Depuis un mois, son eau dessert les "enneigeurs" (nouveau nom des canons à neige) qui bordent les pistes.

Pour conserver leur clientèle, les stations surfent sur la vague écolo. - Maxppp
Pour conserver leur clientèle, les stations surfent sur la vague écolo. (Maxppp)
Peu de gens connaissent le lac de l'Ariondaz. Normal, il est apparu cette année, sur les hauteurs de Courchevel (Savoie). Une réserve géante de 145000 mètres cubes d'eau glacée. Sa fonction ? Alimenter en neige les pistes de la célèbre station de sports d'hiver. Depuis un mois, son eau dessert les "enneigeurs" (nouveau nom des canons à neige) qui bordent les pistes. L'embout de leurs propulseurs, équipé en microgrillage, partage l'eau en fines gouttelettes. Et la neige tombe... comme si elle venait du ciel.

Cette année, Courchevel a ouvert quinze jours plus tôt que l'an dernier. Comme tout le massif de la Vanoise et même l'ensemble des Alpes, la station a bénéficié de bonnes chutes de neige. Une chance par ces temps de réchauffement climatique. Mais pour obtenir une jolie sous-couche, les enneigeurs produisent tous les jours une neige estampillée "écolo" : l'eau nécessaire à la fabrication de celle-ci parvient aux enneigeurs depuis le lac par simple gravitation, plutôt que d'être "remontée" depuis la station. "Grâce à l'Ariondaz, on a réduit notre facture énergétique de 20 plus cher pour des motifs écolos, sans être contrôlés", admet Bernard Prud'homme, directeur de l'Office de tourisme de Chamonix (Haute-Savoie).

Les stations, il est vrai, n'ont pas attendu le Grenelle de l'Environnement pour découvrir le réchauffement climatique et le risque de catastrophes écologiques. "Quand vous voyez fondre un peu tous les ans le glacier du Mont-Blanc, vous êtes sensibilisé", remarque Bernard Prud'homme. Depuis 2005, le SNTF (Syndicat national des téléphériques de France) a imposé l'arrêt unilatéral d'un additif (le Snowmax, qui cristallisait mieux la neige artificielle), au nom du fameux "principe de précaution". Certaines stations ont obtenu la norme ISO 14.001 (2), comme Megève (pour son office de tourisme) ou Avoriaz (pour ses remonte-pentes).

Mais il faut encore taper du poing sur la table pour changer les habitudes. "L'immobilier est le domaine où on a encore le plus de retard. Chaque année, on construit dans les Alpes l'équivalent d'une station de sports d'hiver !" s'emporte Jérémie Pichon, de Mountain Riders. Poussés par la demande d'une clientèle aisée et la flambée des prix, les promoteurs s'entêtent. "Le permis de construire nous permet de faire levier sur eux", explique Bernard Prud'homme. Ainsi, à Chamonix, les "autorités" ont promis d'augmenter la surface constructible (le plan d'occupation des sols) de 20 de la pollution induite par l'activité du ski provient des voitures et des avions amenant sur place les touristes. Le chauffage et l'électricité ne pèsent, eux, que 19 . Il reste encore beaucoup d'efforts à accomplir.

(1) En partenariat avec l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) et l'association Moutain Riders.

(2) Norme internationale de management environnemental.


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