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Lagarde déçoit les syndicats

Publié le 23 octobre 2007 à 18h25 par

Le lancement du cycle "emploi-pouvoir d'achat", dossier prioritaire du mandat de Nicolas Sarkozy, a accouché d'une souris. Réunis ce mardi par la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, les syndicats sont sortis déçus de ces premières négociations. Si la CFDT reconnaît certains points positifs, FO et la CGT ont rué dans les brancards. Tous réclament des mesures concrètes.

Christine Lagarde, ministre de l'Economie, et Luc Châtel, secrétaire d'etat à la consommation, se heurtent aux syndicats. - MAxPPP
Christine Lagarde, ministre de l'Economie, et Luc Châtel, secrétaire d'etat à la consommation, se heurtent aux syndicats. (MAxPPP)
Le lancement du cycle "emploi-pouvoir d'achat", dossier prioritaire du mandat de Nicolas Sarkozy, a accouché d'une souris. Réunis ce mardi par la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, les syndicats sont sortis déçus de ces premières négociations. Si la CFDT reconnaît certains points positifs, FO et la CGT ont rué dans les brancards. Tous réclament des mesures concrètes.

Terrain social, terrain miné pour le gouvernement. Après la fronde née du projet de réforme des régimes spéciaux de retraites, c'est au tour de la question des salaires de provoquer le mécontentement des syndicats. Objectif fort, voire prioritaire, du candidat Sarkozy, le pouvoir d'achat des Français était sur la table ce mardi à Bercy. Maîtresse de cérémonie, la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, accompagnée par Xavier Bertrand, ministre du Travail et Luc Châtel, secrétaire d'Etat à la consommation, avait voulu lancer de la meilleure des manières ce cycle de négociations. Son objectif, exposé avant le début des travaux: "Dresser un constat d'ensemble, le plus précis et objectif possible, sur la situation qui est celle de notre pays en matière d'emploi, de salaires et de revenus et définir une feuille de route, un agenda de réformes." Concrètement, la patronne de Bercy table sur "un taux de chômage de 5% en 2012, l'augmentation du pouvoir d'achat et le renforcement le potentiel de croissance de l'économie française". A la sortie des discussions, les remèdes prodigués pour atteindre ces buts ont du mal à faire consensus.

Seule éclaircie dans la délicate journée des ministres, le bon point distribué par la CFDT et François Chérèque au sujet du conditionnement des allègements de charges consenties aux entreprises après le vote du fameux paquet fiscal au Parlement cet été. Dans la lignée des souhaits du président de la République, la ministre a indiqué aux syndicats que ces baisses de charges étaient conditionnées "au respect effectif par les branches et par les entreprises de leur obligation de négocier annuellement sur les salaires, ou par la suppression dans les accords et conventions de tous les coefficients de rémunération qui seraient inférieurs au Smic." Régissant sur le sujet, le PCF s'est, lui, opposé à la mesure, expliquant qu'il s'agissait d'un "nouveau cadeau fait au patronat", lequel ne sera pas, selon le PCF, "soumis à des obligations de résultat, c'est à dire augmenter les salaires".

CGT: "Palabres, palabres, palabres..."

Les discussions sur les salaires, justement ont surtout tournée autour du Smic ce mardi. Le ministre du Travail, Xavier Bertrand, envisage de créer une commission indépendante sur la fixation du Smic ainsi que de décaler sa revalorisation du 1er juillet au 1er janvier. "Inutile" lui a répondu Jean-Claude Mailly, leader de FO, qui préfère évoquer "une clause d'automaticité (de revalorisation du smic) dans les branches". Sur ce sujet, comme sur d'autres, les syndicats dénoncent surtout la lenteur et le manque de concret du processus de réformes. Une nouvelle rencontre est prévue pour le printemps 2008. D'ici là, c'est le flou qui règne.

"Je considère que c'est trop loin", tonne Mailly. "On n'a aucun calendrier", regrette pour sa part Chérèque. Plus dure, Maryse Dumas, secrétaire confédérale de la CGT, a estime que "le seul sujet qu'on nous propose c'est à nouveau des palabres, des palabres, encore des palabres". Et d'ajouter avec virulence: "Je suis très mécontente de la réunion de ce matin parce qu'elle n'apporte aucune réponse concrète à ce que souhaitent les salariés (...) Le gouvernement et le président de la République ont trouvé les moyens de débloquer cet été 15 milliards de paquet fiscal pour les plus riches, il trouve le moyen de débloquer 30 milliards d'euros pour les employeurs dans le budget 2008 mais ils n'ont pas un centime pour les salaires." Prévenue, Christine Lagarde sait qu'elle est désormais attendue au tournant. Comme Nicolas Sarkozy, d'ailleurs, François Chérèque se plaisant à rappeler que la revalorisation du pouvoir d'achat était "une promesse de la campagne électorale du président de la République"...


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