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Le casse-tête des contrôles

Publié le 02 décembre 2007 à 23h57 par

A quelques semaines de Noël, les laboratoires de contrôle des jouets sont débordés. La demande s'est accélérée après les problèmes rencontrés, notamment, par Mattel en Chine.

Le Laboratoire national de métrologie et d'essais (LNE) de Trappes, dans les Yvelines, est débordé. Un mois seulement avant Noël, un lot de 70 jouets est testé à la demande d'un distributeur afin d'estimer les risques pour les enfants. "C'est du jamais-vu à cette période de l'année, observe Martial Doumerc, responsable de l'activité jouet du laboratoire. Nous devons détailler leur composition chimique, notamment les phtalates dangereux pour la santé, le cadmium total nocif pour l'environnement, et les métaux lourds, dont le plomb."

Après les retraits à répétition, l'été dernier, de jouets dont la fabrication est sous-traitée en Chine par Mattel, fabricants et vendeurs multiplient les contrôles. Le temps manque car les jouets électroniques exigent des examens plus sophistiqués et plus longs. Chaque année, le LNE examine 2 500 oursons, voitures téléguidées ou encore poupées pleureuses. L'établissement travaille pour le compte d'industriels, de revendeurs et de consommateurs alors même qu'un test de conformité peut coûter jusqu'à 4 000 euros.

"Si j'avais des enfants de moins de 3 ans, je réfléchirais avant d'acheter"

Il existe une cinquantaine de laboratoires en Europe, dont cinq en France, qui "torturent" environ 11 000 jouets par an. Parmi eux, 611 l'ont été l'an dernier à la demande de la Répression des fraudes. Une goutte d'eau comparée à l'ensemble du marché français estimé à 200 millions d'unités! "Le nombre de contrôles est dérisoire. Si j'avais des enfants de moins de 3 ans, je réfléchirais avant d'acheter", reconnaît Martial Doumerc. Le spécialiste évoque par exemple le problème des trottinettes jugées non conformes en 2001 par ses services et à nouveau retoquées cette année. "Les fabricants ne sont pas forcément malhonnêtes, juge-t-il. Ils sont plutôt incompétents ou ignorants des règlements."

Car, et c'est un paradoxe, la qualité des jouets inquiète alors que la production est de plus en plus encadrée par les directives européennes et les lois nationales. Alertée par la vague de retraits de l'été dernier, Meglena Kuneva, commissaire européenne à la Protection des consommateurs, s'est engagée le 23 novembre dernier à renforcer la directive concernant la sécurité. Cette fois-ci, il s'agit de prévenir les dangers liés à la présence d'aimants dans les jeux. Une fois avalés, les aimants se rejoignent et détériorent en effet gravement la paroi intestinale.

Pour pallier la lenteur de Bruxelles, chaque Etat membre peut renforcer la réglementation européenne. En France, un avis publié au Journal officiel de septembre 2007 impose aux fabricants d'avertir le consommateur avec le message suivant: "Attention! Risques de lésions digestives graves si des aimants sont avalés !" Ces efforts ne rassurent pas complètement Cédric Musso, responsable des relations institutionnelles de l'UFC-Que choisir: "Prenez par exemple la directive du 1er janvier 1990 qui impose le marquage CE. C'est une garantie du respect des normes européennes. Malheureusement, ce marquage repose sur une déclaration du fabricant." A ses yeux, la norme NF de l'Afnor est supérieure. Elle est à la fois plus exigeante et vérifiée par des audits indépendants.


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