Le déficit budgétaire explose
Publié le 26 septembre 2008 à 12h26 par Anthony BONDAIN
La France vit toujours au-dessus de ses moyens, mais ce défaut est plus visible quand l'économie mondiale bat de l'aile. Le déficit budgétaire sera beaucoup plus lourd que prévu en 2008, et va s'aggraver l'année prochaine. Voilà qui tombe mal alors qu'il faudrait pouvoir aider les ménages. Le gouvernement présente cet après-midi son projet de loi de finances 2009.

Avec une croissance à 1%, l'équation d'un budget à l'équilibre est difficile pour Eric Woerth. (Maxppp)
Difficile d'imaginer un contexte moins propice à la présentation du budget 2009. C'est pourtant l'exercice auquel va s'atteler aujourd'hui le gouvernement, en plein marasme économique, accentué par la déconfiture du système financier américain qui a connu hier soir la plus grande faillite de son histoire bancaire. Avant même la présentation officielle, la presse économique du jour a spéculé sur le niveau du déficit français. Et les estimations, puisées aux bonnes sources, étaient très proches de la réalité comme a dû le confirmer le ministre du Budget, Eric Woerth, ce matin sur l'antenne de RTL.
"Oui, le déficit budgétaire 2008 sera plus important que le déficit que nous prévoyions l'année dernière", a expliqué le ministre, en évoquant un déficit de l'ordre de 49 milliards d'euros, alors que le gouvernement "prévoyait à peu près 41,4 milliards d'euros" initialement. Ce décalage très important, il dépasse 18 du PIB cette année et l'année prochaine, au même niveau qu'en 2007. Initialement, le gouvernement espérait l'abaisser à 2,5 l'année prochaine. A 2,7 imposées par Bruxelles, ce qui ne sera pas le cas de tous les Etats européens, mais est loin de l'embellie attendue.
"C'est dans ce contexte extraordinairement incertain, je trouve, une performance de l'Etat français qui peut être rassurante", juge Woerth qui pense que l'équilibre budgétaire peut être atteint en 2012 "à partir du moment où la croissance repart un peu à partir de 2010". Des propos qui vont cependant à l'encontre des chiffres estimatifs exposés par Bercy, qui envisage désormais 0,5 en 2009, contre 1,75 à 2,25 cette année à 66).
Malheureusement, et à l'inverse de certains de nos voisins qui ont déjà assaini leurs finances publiques, notre marge de manoeuvre pour favoriser la relance est extrêmement ténue. "Si l'activité venait à reculer fortement je n'hésiterais pas à prendre des mesures pour la soutenir", a pourtant indiqué hier, depuis Toulon, Nicolas Sarkozy, sans cacher que "la crise actuelle aura des conséquences dans les mois qui viennent sur la croissance, le chômage et le pouvoir d'achat". Faute de s'être astreinte à faire les efforts budgétaires nécessaires en temps et en heure, la France pourrait payer un plus lourd tribut au ralentissement économique que d'autres nations européennes.
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