Ajax-loader-form

Le message de Sarkozy aux 27

Publié le 06 octobre 2008 à 18h07 par Benjamin BONNEAU

Crise bancaire, suite. Après la réunion du G4 samedi dernier, Nicolas Sarkozy a pris la parole ce lundi. Le président en exercice de l'Union européenne a appelé les 27 Etats membres à la solidarité, avant d'assurer que tout sera mis en oeuvre pour que les déposants européens soient protégés. Il appelle donc l'UE à adopter "une réponse coordonnée" et à garder "son sang froid."

Face à la crise, Nicolas Sarkozy appelle l'Union européenne à la solidarité. - Reuters
Face à la crise, Nicolas Sarkozy appelle l'Union européenne à la solidarité. (Reuters)


Nicolas Sarkozy s'agite sur tous les fronts. Alors qu'il était en déplacement ce lundi matin à l'usine Renault de Sadouville, le chef de l'Etat est également revenu sur la position européenne concernant la crise du secteur bancaire, "lundi noir" oblige. Car si les Etats ou les groupes en bonne santé font ce qu'ils peuvent pour sauver les meubles, les bourses, elles, continuent à dévisser. Toujours lundi, le CAC 40 enregistrait ainsi une chute historique de 9,04%, soit la plus forte baisse en séance depuis sa création, en juin 1988. Une réponse européenne est donc attendue. "Les gouvernements des 27 pays de l'UE" sont "unis, solidaires et déterminés" face à la crise, a annoncé le président français lors d'une brève allocution dans la cour de l'Elysée.

Après l'unité nationale prônée par François Fillon, place maintenant à l'unité européenne. Avant une rencontre avec Yves Leterme, le Premier ministre belge, Nicolas Sarkozy, en tant que président en exercice de l'Union européenne, a appelé l'ensemble des Etats membres à la plus grande solidarité. "Tous les dirigeants de l'Union Européenne déclarent que chacun d'entre eux prendra toutes les mesures nécessaires pour assurer la stabilité du système financier, que ce soit par l'injection de liquidités en provenance des banques centrales, par des mesures ciblées sur certaines banques ou par des dispositifs renforcés de protection des dépôts", a-t-il affirmé. Avant de poursuivre, rassurant: "Aucun déposant dans les banques de nos pays n'a subi de pertes et nous continuerons à prendre les mesures requises afin de protéger le système ainsi que les déposants. En prenant ces mesures, les dirigeants européens constatent la nécessité d'une coordination et d'une coopération étroites", a-t-il ajouté.

L'Espagne se sent exclue

Après la réunion du G4 samedi dernier, Nicolas Sarkozy va maintenant s'atteler à créer un consensus entre les 27 Etats membres: "Nous avons pris des décisions samedi. Mon travail maintenant, c'est de faire en sorte que les 23 autres européens adoptent les mêmes décisions que celles que nous avons adopté à sept (José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, Jean-Claude Trichet, président de la BCE et Jean-Claude Juncker, président de l'Eurogroupe, étaient aux aussi présent, ndlr)", a-t-il ainsi annoncé, précisant que "dans la crise, il faut beaucoup de sang froid."

Du sang froid, mais aussi une bonne dose de tact. Le sommet restreint du G4 a d'ailleurs fait naître des frustrations parmi les non-invités. "On ne peut pas avoir un petit groupe de pays qui trace le chemin pour les autres", a confié un responsable du gouvernement espagnol souhaitant garder l'anonymat. Mais il a ajouté que Madrid est plus irrité encore par le fait que l'UE n'ait "pas respecté la procédure appropriée" que de ne pas avoir été invité à Paris. "La réunion a été une perte totale de temps. Tout ce qu'ils ont réussi à faire, c'est à agacer tout le monde", a renchéri un autre responsable du gouvernement. Le président français recevra d'ailleurs son homologue espagnole, José Luis Zapatero, vendredi prochain.

En attendant la formation d'un consensus fort en Europe, Nicolas Sarkozy recevra ce lundi en fin d'après-midi les principaux dirigeants des groupes bancaires et d'assurances français ainsi que le Gouverneur de la Banque de France. François Fillon, Premier ministre, Christine Lagarde, ministre de l'Economie, Éric Woerth, ministre du Budget, participeront à cette réunion de travail, la seconde après celle du 30 septembre. Unité européenne oui, mais sans oublier les intérêts français.


Il n'y a pas de commentaires pour le moment.

Écrire un commentaire

Copyright ©2008 Newsweb. Tous droits réservés.