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Le pays de l'or noir fait un geste

Publié le 28 mai 2008 à 17h44 par

Selon une source proche de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), l'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole, aurait décidé d'augmenter sa production après s'être contentée de l'ajuster depuis le début de la flambée des prix, en août 2007. Pour autant, l'augmentation de la production ne devrait pas changer la tendance à la hausse du prix du brut.

Le ministre saoudien du Pétrole, Ali al-Naimi, a récemment annoncé l'augmentation de la production du royaume. - Reuters
Le ministre saoudien du Pétrole, Ali al-Naimi, a récemment annoncé l'augmentation de la production du royaume. (Reuters)


L'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole, a commencé à augmenter sa production de brut afin de répondre à la demande mondiale et elle peut encore accroître ses pompages en cas de besoin, a-t-on appris mercredi d'une source d'un pays du Golfe membre de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep). Les 13 membres de l'Opep, et particulièrement les pays du Golfe, adaptent leur production à la demande mondiale plutôt que de s'en tenir aux objectifs initiaux, a précisé cette source, bien informée de l'évolution de la politique saoudienne. "A chaque fois qu'il y aura de la demande, l'Opep y répondra", a-t-elle assuré. "La majorité des producteurs de l'Opep n'apprécient absolument pas le prix élevé du pétrole parce qu'il ne sert ni leurs intérêts, ni les intérêts de l'économie mondiale et qu'il est particulièrement douloureux pour les pays en développement."

Les cours du pétrole ont dépassé 135 dollars le baril la semaine dernière et restaient au-dessus de 129 dollars mercredi après-midi à mi-séance. Les pays consommateurs comme les Etats-Unis ont renouvelé leurs demandes d'une hausse de la production de l'Opep. L'Arabie saoudite a ajusté sa production pour s'adapter à la demande depuis août 2007, date à laquelle le baril avoisinait les 60 dollars, et elle produit aujourd'hui environ 500 000 barils par jour (bpj) de plus qu'à l'époque. Le ministre du Pétrole saoudien, Ali al-Naimi, a déclaré récemment que la production du pays allait augmenter de 300000 bpj et atteindre 9,45 millions de bpj en juin. Ryad aura pompé environ 9,1 millions de bpj en mai, selon la source.



La demande mondiale de brut devrait progresser d'environ un million de bpj cette année et sa progression devrait être plus marquée au troisième trimestre, a ajouté la source, ce qui explique selon elle la hausse actuelle de la production saoudienne. En septembre dernier, l'Opep a accepté une hausse de 500 000 bpj de son quota officiel de production, dont l'Arabie saoudite assure la part la plus importante. Le cartel doit tenir sa prochaine réunion officielle le 9 septembre prochain à Vienne. La plupart de ses membres aimerait des prix moins élevés mais ils ne peuvent pas faire grand chose, le marché réagissant à des facteurs ne dépendant pas uniquement de l'offre et de la demande, a expliqué la source.

Si ces fondamentaux dictaient les prix, les cours du brut tourneraient autour de 60 à 70 dollars le baril, a-t-elle ajouté, estimant que l'équilibre du marché pétrolier mondial était similaire à celui de 1999, année durant laquelle les prix étaient inférieurs à 20 dollars. Le marché a progressé essentiellement du fait de doutes croissants sur les capacités de production et sur les réserves pétrolières mondiales, a expliqué la source de l'Opep. Ces craintes ne sont pas justifiées, selon elle, mais elles contribuent à justifier une prime de plusieurs dollars pour les prix du brut livrable en 2016. La faiblesse actuelle du dollar et le niveau bas des taux d'intérêt aux Etats-Unis incite parallèlement une partie des investisseurs à se tourner vers le marché pétrolier. "Cette énorme ruée vers les futures* pétroliers conduit sans nul doute à des prix de plus en plus élevés", a expliqué la source. "Ajouter ou retirer du brut du marché ne va donc pas faire changer le prix du pétrole, car le sentiment des investisseurs présents sur le marché des futures exerce une pression à la hausse sur les cours".

*Contrats à terme


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