Le pétrole au plus haut
Publié le 02 janvier 2008 à 20h59 par
Record historique ! Pour la première fois de son histoire, l'or noir a dépassé la barre symbolique des 100 dollars à Wall Street. L'instabilité internationale, la chute du dollar et la volonté des pays consommateurs de préserver leurs réserves aurait déclenché des achats spéculatifs. Washington a fait savoir que les réserves de brut américaines ne seraient pas ouvertes.

Le baril de pétrole a dépassé pour la première fois la barre symbolique des 100 dollars à New York. (Reuters)
Pour la première fois de son histoire, le prix du baril de pétrole a dépassé le seuil symbolique des 100 dollars, mercredi 2 janvier, en cours de séance à la Bourse de New York sur le marché des matières premières (Nymex), avant de redescendre à hauteur de 99,48 dollars.
Le franchissement de cette barrière symbolique était attendu et ne surprendra pas les analystes qui y voient les conséquences d'une instabilité géopolitique, de la baisse des réserves américaines couplée à une chute importante du dollar et, surtout, un déséquilibre entre l'offre et la demande de pétrole. Car si la consommation exponentielle de pays émergents comme la Chine et l'Inde a fait exploser les prix, les pays producteurs, dans le même temps, refusaient d'"ouvrir les vannes", accentuant encore la montée des prix. Les turbulences en Iran et les violences au Nigeria ont également rendu les experts nerveux.
"L'Opep ne peut pas faire grand-chose"
Les spéculateurs de tous poils, qui misaient sur la barre symbolique des 100 dollars se frottent ainsi les mains après avoir poussé à une telle extrémité et déclenché des achats compulsifs. Le cours de Brent de la Mer du Nord, à Londres, a lui aussi connu mercredi 2 janvier son plus haut niveau, dépassant pour la première fois le seuil des 97 dollars.
Conséquence de cette flambée du pétrole, l'or, traditionnelle valeur refuge des investisseurs qui craignent l'inflation, a lui aussi connu un nouveau record, effaçant celui de janvier 1980 pour porter l'once à 859 dollars. "Les fonds sont revenus sur le marché en ce début d'année, nous avons plus de problèmes au Nigeria et il y a aussi les inquiétudes sur ce qui va se passer au Pakistan. Enfin, on attend une chute des stocks aux Etats-Unis", a énuméré Robert Montefusco, de la maison de courtage Sucden.
Bien que le Pakistan ne produise pas de pétrole, il se situe dans une région stratégique et compte comme la seule puissance nucléaire connue du monde musulman et un allié-clef des Etats-Unis. Le marché mondial s'inquiète également de la fonte des réserves pétrolières aux Etats-Unis. Les analystes anticipent la publication jeudi d'une chute, pour la septième semaine d'affilée, des stocks de brut.
La Maison blanche a fait savoir pour sa part qu'elle n'ouvrirait pas la réserve d'urgence pour faire refluer les cours, tandis que l'Opep, par la voix de la Libye, se disait impuissante. "L'Opep ne peut pas faire grand chose. La plupart des pays membres produisent à (pleine) capacité. A court terme, les pays consommateurs devraient baisser leurs taxes", a suggéré le président de la National Oil Corporation libyenne, Choukri Ghanem.
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