Le plan Paulson piétiné
Publié le 29 septembre 2008 à 22h00 par Nicolas MOSCOVICI
Stupeur lundi soir aux Etats-Unis, où la Chambre des représentants a, par 228 voix contre 205, rejeté le plan Paulson qui devait organiser, avec 700 milliards de dollars à la clé, le sauvetage du secteur financier. Plombé par ce résultat, la bourse de New York a vécu sa pire journée depuis 1987. Barack Obama a appelé au calme, expliquant que le texte pouvait encore être sauvé.

Henry Paulson a vu son plan rejeté par la Chambre des représentants. (Reuters)
Le plan Paulson, et la finance mondiale avec lui, vogue de Charybde en Scylla. Critiqué tant dans le camp démocrate que républicain, le texte, qui semblait pourtant faire consensus ces dernières heures, a essuyé un nouvel affront lundi soir. Par 228 voix contre 205, le projet a en effet été rejeté par la Chambre des représentants à l'issue d'un vote qui a dépassé les habituels clivages politiques. Selon les médias américains, 95 démocrates (contre 140 qui ont voté pour) et surtout 133 républicains (contre 65 qui ont voté pour) se sont en effet opposés au plan et aux 700 milliards de dollars qu'il promettait d'injecter, par le rachat de titres toxiques, dans un secteur bancaire plus que jamais en crise. "Les républicains ont tué le projet de loi", s'est carrément indigné Barney Frank, le président de la commission des services financiers de la Chambre des représentants. Depuis le 20 septembre, et la présentation du plan par le secrétaire eu Trésor, Henry Paulson, la frange la plus libérale du GOP avait en effet fait connaître son hostilité au texte, jugé trop coûteux pour le peuple américain. L'argument semble avoir fait mouche dans les rangs conservateurs lundi soir.
Journée cauchemardesque à Wall Street
Dans le camp d'en face, l'annonce du résultat a été accueillie dans une certaine confusion. Certains leaders de l'assemblée avaient annoncé qu'un nouveau vote pourrait être rapidement organisé, en raison, semblait-il, d'une erreur de procédure. Las, malgré les rumeurs, aucun scrutin ne devrait être organisé avant jeudi, a-t-on appris des services de la Maison blanche. En campagne électorale, Barack Obama, qui doit s'entretenir avec Henry Paulson, mais également Nancy Pelosi, chef de file des démocrates à la Chambre, a rapidement appelé au calme, faisant part de sa confiance quant à l'issue du processus en cours. "Je suis confiant, même si cela va être un peu agité", a lancé le sénateur de l'Illinois au pays. De son côté, George Bush, qui s'était fendu de deux discours dans lesquels il appelait de ses voeux la mise en place rapide d'un plan d'urgence, s'est déclaré "très déçu". "Notre stratégie est de continuer à faire face à cette situation économique et nous allons continuer à mener une stratégie qui nous permettra d'aller de l'avant", a ajouté le président américain.
Très attendue également, la réaction de Wall Street au rejet du texte s'est révélée... catastrophique. A la clôture d'une journée déjà morose, comme sur l'ensemble des places financières aux quatre coins du monde, le Nasdaq a connu sa pire chute depuis 2000. Quant au Dow Jones, il a abandonné lundi soir 6,98. Le second a reculé de 11,97, Bank of America de 17,57. Du côté de l'assurance, AIG, concerné au premier chef par le plan Paulson pour l'heure avorté, a abandonné 20,63%.
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