Le pouvoir d'achat passe à table
Publié le 23 octobre 2007 à 11h27 par
Le gouvernement et les partenaires sociaux avaient rendez-vous mardi matin pour ouvrir la conférence sur l'emploi et le pouvoir d'achat, placée sous le signe de tensions sociales et dans un contexte de hausse des prix. Alors que l'exécutif assure faire des salaires une priorité nationale, les partenaires sociaux craignent une grand messe sans solutions concrètes.

Christine Lagarde et Xavier Bertrand sont très attendus sur la question des salaires. (Reuters)
Pain, produits laitiers, pétrole, tabac. La liste des produits de consommation courante dont les prix ont flambé depuis la rentrée, avec des augmentations dépassant parfois les 10 en 1991 à 15,1% en 2006, un niveau record la question des rémunérations devient, effectivement centrale.
Jusqu'à présent, la seule concession opérée par le gouvernement réside en la défiscalisation des heures supplémentaires, symbole du slogan présidentiel "travailler plus pour gagner plus". L'opposition et beaucoup d'économistes jugent que la mesure n'aura que peu d'impact sur le pouvoir d'achat. En revanche, le Smic n'a bénéficié d'aucun coup de pouce en juillet. Lundi, Xavier Bertrand s'est engagé à faire "des propositions pour qu'on ne soit plus à parler d'éventuelles augmentations de salaires, mais qu'on se donne les moyens d'être efficaces".
Déjà chahuté par les syndicats qui contestent sa réforme des régimes spéciaux de retraites, Xavier Bertrand est attendu sur ce dossier parallèle, qui pourrait aussi lui servir de contrepoint dans le premier. "On aimerait que le gouvernement mette autant d'énergie et d'empressement à répondre aux préoccupations salariales, qu'il en met à s'attaquer aux droits à la retraite", soulignait la CGT lundi. Chez Force ouvrière, on prévenait que "l'augmentation du pouvoir d'achat des salaires ne saurait être renvoyée à la mise en place de groupes de travail ou de conférence à rallonge". Et pour montrer que le temps presse, les fédérations syndicales de la Fonction publique ont décidé, lundi, d'une journée de mobilisation le 20 novembre. Le Parti socialiste, de son côté, accusait le chef de l'Etat d'être "le président de la perte de pouvoir d'achat". La pression qui s'exerce n'est donc pas que celle des prix. Et si le pouvoir d'achat est réellement une priorité nationale, comme Nicolas Sarkozy l'affirme, il va devoir le montrer rapidement.
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