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Nouvelle ruée vers l'or noir

Publié le 03 janvier 2008 à 13h21 par

Nous y voilà donc. Le baril de pétrole a effacé ses sommets récents pour dépasser le cap symbolique des 100 dollars hier à New York en cours de séance. Après un léger reflux en fin de parcours en soirée, l'or noir revient aujourd'hui flirter avec un cours à trois chiffres, porté par une conjonction d'éléments propices à sa flambée.

Les traders des places boursières se sont enflammés, comme le cours du pétrole. - Reuters
Les traders des places boursières se sont enflammés, comme le cours du pétrole. (Reuters)
Nous y voilà donc. Le baril de pétrole a effacé ses sommets récents pour dépasser le cap symbolique des 100 dollars hier à New York. Après un léger reflux en fin de parcours en soirée, l'or noir revient aujourd'hui flirter avec un cours à trois chiffres, porté par une conjonction d'éléments propices à sa flambée.

Il est parfois bien difficile de comprendre les mécanismes qui régissent les marchés financiers. Alors que les économistes craignent de plus en plus une récession américaine, qui ne serait évidemment pas sans conséquence sur la croissance mondiale et donc sur la demande de matières premières, celles-ci ne cessent de battre des records. L'or noir est engagé dans un processus de renchérissement depuis le début de l'année 2001. Entre le 15 novembre 2001 à 17,45 dollars (le plus bas niveau du baril ces huit dernières années) et hier, le cours du brut a été multiplié par 5,7 fois. Il a doublé en un an.

Pour expliquer cette vigueur de début d'année, les spécialistes avancent généralement les regains de tensions géopolitiques en Afrique et au Pakistan. Le cas du Nigeria, le plus gros producteur africain et membre de l'Opep, préoccupe la communauté financière. En début de semaine, des violences ont fait 12 morts à Port-Harcourt et la production du pays a été significativement réduite. En fait, les éléments de soutien se multiplient depuis plusieurs années pour le baril. Le conflit en Irak, le comportement de l'Iran, les remous en Afrique de l'Ouest, la situation politique au Pakistan, la politique des quotas de l'Opep, la croissance chinoise, les capacités de raffinage vieillissantes aux Etats-Unis et la spéculation accrue sont autant de facteurs qui s'accumulent et contribuent à favoriser la progression des cours de l'or noir dans une économie fortement mondialisée, interdépendante et sur-réactive. Plus récemment, sont venus s'ajouter la glissade du dollar et le retour des craintes inflationnistes. Le pétrole est redevenu une ressource-refuge prisée des investisseurs traditionnels comme des puissants fonds spéculatifs.

Toutes les matières premières concernées

Ce goût retrouvé pour les valeurs-refuge explique également les sommets atteints par l'or, qui a effacé hier son vieux record remontant à 1980 à 850$ l'once. Le métal précieux enchaîne une septième année de progression sur une hausse de plus de 30 sur les cours du printemps 2006. Le soja est sur des pics de plus de 30 ans, le maïs proche de son sommet de 11 ans. "Nous sommes au début d'une hausse qui pourrait durer 20 ans", selon Christopher Wyke, un spécialiste des matières premières agricoles chez Schroders, qui pense que les prix agricoles sont "historiquement bas". Malgré la forte progression constatée ces derniers mois, les grandes banques conseillent généralement les investissements dans le secteur, même si certaines jugent la hausse disproportionnée sur un laps de temps aussi bref.

Privilégier la défense

Dans ce contexte économique incertain, les investisseurs réorientent donc leurs fonds sur des produits de base qui ont déjà fait leurs preuves lors de précédents "coups de tabac", quitte à provoquer un effet boule de neige sur les marchés financiers. Compte-tenu de l'extrême prudence des stratèges des grands établissements bancaires à travers le monde en ce début d'année, cette option fait des émules. Pour inverser la tendance, explique en substance un grand gérant britannique, il faudrait que les marchés obtiennent des preuves tangibles que les Etats-Unis éviteront la récession, ce qui redonnerait quelques couleurs au dollar. D'ici là, la ruée vers l'or (noir) devrait rester un thème à la mode dans la finance mondiale.


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