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Prix: Fillon cherche la parade

Publié le 25 février 2008 à 20h17 par

Après la publication d'une enquête de 60 millions de consommateurs mettant en lumière l'explosion des prix des produis alimentaires, François Fillon s'est saisi du problème lundi. A l'issue d'une réunion avec les ministres concernés, le Premier ministre a annoncé trois initiatives, qui relèvent toutefois plus de l'enquête et de la surveillance que de l'action concrète.

François Fillon n'a pas de recette magique. - Maxppp
François Fillon n'a pas de recette magique. (Maxppp)


A Matignon, François Fillon arborait une mine contrariée pour dénoncer les "abus" et les "comportements inacceptables" des industriels et des distributeurs, coupables désignés de la flambée des prix constatée par une enquête de 60 millions de consommateurs (voir par ailleurs). Alors que l'opinion fait chèrement payer à Nicolas Sarkozy, "le président du pouvoir d'achat", ce qu'elle estime être son inaction sur ce dossier, le Premier ministre, moins exposé, a repris le dossier à son compte. A coups de grande déclaration d'intention plutôt que de mesures concrètes. "Il y a manifestement des abus de la part d'industries et des distributeurs qui profitent des hausses de matières premières agricoles pour accroître leurs marges. Le gouvernement ne restera pas inactif face à des comportements qui sont inacceptables et qui nuisent à nos concitoyens", a prévenu François Fillon devant la presse.

Dans l'après-midi, il avait convoqué les ministres de l'Economie et de l'Agriculture, Christine Lagarde et Michel Barnier, et le secrétaire d'Etat à la Consommation, Luc Chatel pour évoquer ce dossier délicat. Ce grand remue-méninges a accouché de plusieurs initiatives. La première d'entre elle, une "opération coup de poing", sera lancée dès mardi par les services du ministère de l'Economie et des Finances. Son objectif sera "d'enquêter sur les comportements de marges". "Il s'agit de voir où sont les abus. Il s'agit de déterminer ce qui est dû dans la hausse des prix à l'augmentation des cours internationaux et ce qui est imputable au marché français", a-t-il expliqué. "Pourquoi le marché français est-il en moyenne entre 5 supérieur, s'agissant des prix alimentaires, aux autres marchés européens ?", s'est-il interrogé.

Une Haute autorité de la concurrence "aux pouvoirs accrus"

Après cette première enquête, Matignon a annoncé la publication d'une autre étude, avant le 10 mars prochain, issue des résultats de l'Observatoire des prix et des marges sur les produits alimentaires dans la grande distribution, crée en novembre. Ce document devrait quant à lui permettre de "vérifier l'évolution réelle des prix". Un premier panel portant sur 20 produits phares sera analysé avant la fin de la semaine, précise Matignon dans un communiqué. C'est alors sur la base des données recueillies que le Premier ministre prendra des initiatives visant à dynamiser la concurrence pour faire baisser les prix.

François Fillon a également annoncé la création d'une Haute autorité de la concurrence "aux pouvoirs accrus", dans le cadre du projet de loi pour la modernisation de l'économie, sans que ces "pouvoirs accrus" ne soient précisés. Dans son communiqué, les services du Premier ministre promettent également une "réforme de la réglementation afin de permettre la négociabilité des tarifs et une compétition accrue entre les distributeurs". Autant de mesures qui doivent compléter la loi Chatel sur la consommation qui entrera en vigueur le 1er mars. Elle mettra notamment fin aux fameuses "marges arrières" facturées par les distributeurs pour promouvoir les marques des industriels.

Au nom du Parti socialiste, Julien Dray a dénoncé des mesures "décevantes et révélatrices de l'incapacité" du gouvernement "à répondre efficacement à l'envolée des prix et à la baisse du pouvoir d'achat des salaires". "Il n'y a rien dans l'immédiat qui peut produire des effets réels attendus, si ce n'est la croyance mythique, que par la simple concurrence et le rappel à l'ordre, les grands groupes industriels de l'agroalimentaire ou de la grande distribution vont prendre peur", écrit-il dans un communiqué. François Fillon, comme Nicolas Sarkozy, peine à trouver la clé.


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