Renault met la pédale douce
Publié le 24 juillet 2008 à 16h35 par
Pour faire face à la baisse des ventes de certains modèles de la marque, le P-DG de Renault, Carlos Ghosn, a annoncé jeudi un plan de rigueur. Objectif: réduire de 10% les coûts de "structure" en Europe et adapter la "capacité de production" de certaines usines. En tout, quelque 5000 employés sont menacés de licenciement. Selon la CGT, il pourrait y avoir 6000 départs.

Le P-DG de Renault, Carlos Ghosn, a annoncé un plan d'action qui pourrait concerner au minimum 5000 employés. (Reuters)
Ce dernier a toute fois refusé de confirmer le chiffre de 5000 suppressions entendu ça et là. Le directeur financier, Thierry Moulonguet, a pour sa part affirmé qu'une estimation de 5000 départs était raisonnable bien que Renault doive d'abord mener des négociations avec les syndicats. Ceux-ci, et notamment la section CGT de l'ancienne régie, estiment que le nombre de licenciements devrait être proche de 6000. En effet, le syndicat croit savoir qu'une des deux équipes de production de Sandouville, en Seine-Maritime, pourrait être supprimée.
Cette usine est dédiée à la fabrication de la Laguna et avec la hausse des prix des carburants et le système de bonus-malus écologique, la berline familiale et sa grosse cylindrée n'ont plus la cote. La production de l'usine normande avait déjà était revue à la baisse, mais, désormais, c'est la moitié des ouvriers, soit mille personnes, qui vont devoir quitter la chaîne de production. Carlos Ghosn a lui-même reconnu qu'il fallait adapter "la capacité de production" du site aux chiffres de vente du modèle.
D'autres sites pourraient être touchés
"Nous projetons effectivement de réorganiser l'outil de production de Sandouville compte tenu de la baisse du segment de marché des berlines. La performance de la Laguna est certes en nette amélioration mais pas au niveau que nous avions prévu", a expliqué Carlos Ghosn. "Nous avons également la possibilité de procéder, ailleurs, à des réductions supplémentaires de production au cas où les marchés allemand et français continueraient à se détériorer", a ajouté le P-DG. Et là, les regards se tournent vers l'usine de Flins dans les Yvelines, fortement menacée dans ce cas de figure. Des rumeurs estiment aussi que des sites d'ingénierie comme ceux de Guyancourt (Yvelines), de Rueil (Hauts-de-Seine) ou de Villiers-Saint-Frédéric (Yvelines) pourraient aussi être touchés. A l'étranger, les usines de montage de Valladolid et de Palencia en Espagne pourraient faire les frais de cette politique de rigueur.
Au total, le plan permettrait de dégager 350 millions d'euros d'économies en 2009 et 500 millions l'année suivante, selon la direction. Mercredi, le PDG de PSA Peugeot Citroën, Christian Streiff, avait prévenu que les effectifs des deux marques allaient continuer à "baisser" en Europe de l'Ouest et qu'il anticipait au second semestre un "ralentissement plus fort" des marchés dans cette partie du monde. En somme, l'industrie automobile française n'a pas fini de souffrir face aux profondes modifications du marché mondial.
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