Retraites: Les syndicats préparent un deuxième round
Publié le 28 octobre 2007 à 9h00 par
Face à la détermination de Nicolas Sarkozy à réformer les régimes spéciaux, les syndicats ne désarment pas. Mercredi, les fédérations de la SNCF, de la RATP et du secteur de l'énergie se réunissent chacune de leur côté pour décider d'enclencher, ou non, un deuxième mouvement de grève. Didier Le Reste prévient: "il y aura un nouveau conflit qui pourrait être plus long."

Une nouvelle grève des transports pourrait avoir lieu le 20 novembre. (Maxppp)
La centrale de Montreuil milite pour un mouvement le plus large possible, afin de ne pas apparaître comme le défenseur d'intérêts corporatistes. La grève pourrait être fixée au 20 novembre, le même jour que celle des fonctionnaires qui défileront pour réclamer des hausses de salaires. Frédéric Imbrecht, de la CGT Energie, évoque, pour sa part, une "convergence" possible avec les cheminots et la RATP.
Le dialogue de sourds se poursuit. Reçus tour à tour par Xavier Bertrand, le ministre du Travail, les syndicats se sont déclarés déçus. "Il n'a fait aucune proposition concrète", déplore Arnaud Morvan, de la CFDT Cheminots. La visite, vendredi matin, de Nicolas Sarkozy dans un centre de maintenance SNCF à Saint-Denis, en banlieue parisienne, n'a pas clarifié la situation. Lors d'un face-à-face tendu avec les cheminots, le président de la République a surpris les syndicats en déclarant : "les bonifications, les décotes, moi je pense que tout ceci ne peut s'appliquer que pour ceux qui ne sont pas déjà entrés à la SNCF." "Grosse bourde ou changement de dernière minute ?", s'est interrogée la CFTC.
La mise en place de la décote (une pénalité appliquée aux retraités n'ayant pas cotisé 40 ans) fait en effet partie des éléments présentés comme non négociables dans le document d'orientation gouvernemental du 10 octobre. Cette mesure constitue un important point de blocage. Et plusieurs syndicats, comme la CFTC, la CFDT et l'Unsa, seraient prêts à accepter la réforme si le gouvernement lâchait du lest sur cette décote. Vérification faite, la langue du président a fourché. "Les principes fondamentaux ne bougent pas. Nous confirmons que la base de discussion est le document du gouvernement", indique-t-on au ministère du Travail. Présent à Saint-Denis, Raymond Soubie, le conseiller social du chef de l'Etat, avait d'ailleurs discrètement rectifié le tir auprès des syndicalistes sur place.
Des discussions informelles avec les directions des entreprises
Derrière ce durcissement de façade, le dialogue officieux continue. Xavier Bertrand a reçu des propositions précises de tous les syndicats, à l'exception de la CGT et de SUD (qui n'a pas été invité par le ministre). Au ministère du Travail, on fait désormais tourner les ordinateurs pour évaluer leur impact. Les syndicats d'EDF, GDF et de la RATP ont par ailleurs entamé, à des degrés divers, des discussions informelles avec les directions des entreprises.
A la SNCF, seule la Fédération générale autonome des agents de conduite a engagé, dès mercredi, des négociations, après avoir obtenu le maintien des avantages des conducteurs. La CFTC Cheminots a, elle, indiqué qu'elle répondrait à l'invitation de la SNCF de venir négocier le 6 novembre à condition d'avoir auparavant des "réponses" de Xavier Bertrand. Même "volonté d'aboutir" à l'Unsa, où "on espère que le ministre fera des propositions avant la réunion interfédérale de mercredi".
Articles sur le même thème
Copyright ©2008 Newsweb. Tous droits réservés.
Les discussions les plus actives
- Pour ou contre l'hébergement forcé des SDF ?
- Le PS est-il un panier de crabes ?
- Martine Aubry nouvelle secrétaire du parti socialiste !
- Pour ou contre le retour de Noir Désir ?
- Le Beaujolais nouveau a-t-il un goût de banane ou de fruits rouges ?
- L'adoption par les couples homosexuels en question
- PS : ça sent pas la rose !
- Journée de la gentillesse : quel sera votre geste gentil aujourd'hui ?

Il n'y a pas de commentaires pour le moment.