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Trois regards sur le capitalisme

Publié le 19 novembre 2007 à 13h00 par

Jeudi, les douze coups de minuit marqueront la fin des votes en ligne pour le Prix des lecteurs du livre d'économie 2007, organisé par le Sénat en partenariat avec le JDD. Le palmarès sera dévoilé samedi. Cette quatrième édition mobilise des milliers d'internautes. Vendredi, 9.000 suffrages avaient été enregistrés. Le match s'annonce serré entre les trois finalistes. Feuilletage...

Le livre de Laurent Mauduit, 'Petits conseils', est en compétition. - DR
Le livre de Laurent Mauduit, 'Petits conseils', est en compétition. (DR)
Jeudi, les douze coups de minuit marqueront la fin des votes en ligne pour le Prix des lecteurs du livre d'économie 2007, organisé par le Sénat en partenariat avec le JDD. Le palmarès sera dévoilé samedi. Cette quatrième édition mobilise des milliers d'internautes. Vendredi, 9.000 suffrages avaient été enregistrés*. Le match s'annonce serré entre les trois finalistes. Feuilletage...

Michel Aglietta et Laurent Berrebi revisitent le thème de la mondialisation anxiogène en cosignant Désordres dans le capitalisme mondial (Odile Jacob). Selon eux, l'économie américaine fait peser des menaces sur les équilibres financiers, et le modèle social européen est mis en péril par la concurrence des pays à bas salaires. Du coup, le monde est passé d'un régime inflationniste à un régime déflationniste. "Les produits et la main-d'oeuvre des marchés asiatiques envahissent la planète. Les entreprises des pays occidentaux ont perdu leur pouvoir de marché et les salariés leur pouvoir de négociation", analyse Laurent Berrebi. Comment redresser la barre ? Pour les auteurs, il faut un nouvel ordre économique international, multipolaire et fondé sur la concertation.

La mondialisation fait aussi débat pour Pierre Dockès, auteur de L'enfer ce n'est pas les autres ! Bref essai sur la mondialisation (Descartes & Cie). Mais, à ses yeux, le libre-échange de marchandises, les migrations, les délocalisations, les flux planétaires de capitaux et l'arrivée de millions de nouveaux travailleurs sur le marché mondial ne sont pas une calamité. "La mondialisation que les politiques brandissent à tout-va comme un épouvantail n'a pas les conséquences catastrophiques que l'on croit", estime Pierre Dockès. Sa conclusion, optimiste, trouve des raisons d'espérer dans un modèle faisant la part belle à la société de la connaissance.

Changement de cap avec Petits conseils de Laurent Mauduit (Stock). L'ancien directeur adjoint de la rédaction du Monde passe au peigne fin le "système Minc" à coups d'anecdotes et de récits sur la vie des affaires ces trente dernières années. Un système à la française qui, sous couvert d'adopter les principes anglo-saxons de gouvernance des entreprises, les dénaturerait. "Au lieu de passer à un modèle qui préconise la transparence et fait la chasse aux conflits d'intérêts, les grands patrons se sont accommodés d'un système non vertueux, fait de connivences et de petits arrangements", écrit l'auteur. Pour lui, le chef d'orchestre de ce système est Alain Minc, éminence grise de quelques-uns des patrons français les plus connus, président "en sursis" du conseil de surveillance du journal Le Monde, proche conseiller et ami de Nicolas Sarkozy. Le cercle d'influence forgé par Minc cédera-t-il sous le poids d'un nouveau mode de régulation ? "Je n'en suis pas sûr", répond l'auteur, qui planche déjà sur un second opus. Pour décoder, cette fois, "tout le système".

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