Vers un nouveau retard pour le Dreamliner
Publié le 05 mai 2008 à 9h00 par
La bataille des très gros porteurs devient une guerre de calendrier. De nouveaux retards seraient en effet annoncés pour le Dreamliner, bijou technologique de l'américain Boeing. Mais son concurrent européen Airbus n'a que peu de raisons de se réjouir. Confronté à des difficultés avec son A380, il pourrait bien souffrir, lui aussi, de nouveaux décalages de livraisons.

Le dreamliner de Boeing pourrait connaître jusqu'à 27 mois de retard... (Reuters)
Les déboires du 787 Dreamliner de Boeing s'annoncent plus graves que prévu. Selon l'édition de samedi du quotidien allemand Die Welt, l'avionneur américain a annoncé à plusieurs compagnies aériennes (British Airways, Gulf Air, etc) que leurs 787 seront livrés avec neuf mois de retard supplémentaires. Boeing s'est refusé à tout commentaire.
Ce nouveau décalage concernerait essentiellement les Dreamliner livrés à partir de 2012, et ne remettrait donc pas en cause la sortie du premier appareil, prévue pour le troisième trimestre 2009. Mais pour les compagnies touchées, ce nouveau décalage – le quatrième en sept mois – se traduirait par "un retard de livraison de 27 mois" au total, aurait écrit Boeing à ses clients.
Si l'information se confirmait, les 787 livrés en 2012 seraient encore plus en retard que l'A380 et ses dix-huit mois de décalage. La nouvelle est d'autant plus malvenue qu'elle intervient à peine un mois après l'annonce d'une nouvelle révision de calendrier que Boeing s'était déclaré "sûr" de respecter. "La plupart des spécialistes trouvaient que la montée en cadence de la production prévue par Boeing était trop agressive", indique Richard Aboulafia, consultant aéronautique au cabinet Teal Group. Ce retard risque de coûter une cher au groupe de Seattle, qui va devoir indemniser ses clients. Or, le Dreamliner est le plus gros succès commercial de l'histoire, avec 892 exemplaires vendus.
Mais la fabrication de cet avion révolutionnaire, le premier composé à 50 de la fabrication dans le monde entier. Mais les partenaires n'ont pas été à la hauteur. Boeing a du refaire une partie du travail, et même racheter 50% d'une usine qu'il avait cédée. Une leçon à méditer pour Airbus, qui est en train de copier ce modèle en vendant sept sites.
L'avionneur européen se garde de tout triomphalisme. D'autant plus que le patron d'Airbus, Thomas Enders, a annoncé mardi avoir lancé un "audit majeur du plan de montée en charge" de l'A380. En clair, l'avionneur redoute de nouveaux retards pour son géant des airs, comme l'avait annoncé le JDD en octobre.
Les problèmes de câblage sont toujours en cause. Les premiers appareils ont été refaits de manière artisanale par 2500 ouvriers allemands dépêchés à Toulouse. Selon nos informations, Airbus devrait tout de même parvenir à livrer les 13 exemplaires prévus cette année. Par contre, la mise au point de la nouvelle méthode de câblage, qui doit permettre d'atteindre 25 livraisons l'an prochain, est très en retard. Du coup, les avions s'accumulent dans l'usine. "On va devoir stopper très prochainement la chaîne d'assemblage et la livraison des tronçons", confie au JDD une source proche du dossier chez l'avionneur. Selon le journal allemand Wirtschaftswoche, Airbus aurait déjà prévenu ses clients d'un nouveau retard.
"Des rumeurs [de retards] commencent à circuler", a confirmé cette semaine Tim Clark, patron de la compagnie Emirates . "Ce serait un coup terrible" pour Airbus, a-t-il ajouté. De son côté, l'avionneur se dit "confiant" sur son calendrier de livraison, précisant toutefois que l'A380 représente toujours un "challenge majeur".
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