Bill Clinton, la brebis galeuse
Publié le 05 juin 2008 à 17h09 par
Et si Bill Clinton était le principal responsable de la défaite de sa femme? Aux Etats-Unis, les attaques pleuvent contre l'ancien président et sa cote de popularité a sévèrement chuté. Un article du magazine Vanity Fair, le qualifiant de "narcissique ombrageux" et relatant de nouveaux écarts conjugaux, estime qu'il a "sali la campagne de sa femme".

Pour Vanity Fair, Bill Clinton a 'sali la campagne de sa femme'. (Reuters)
Les primaires démocrates sont belles et bien terminées: les supporters d'Hillary Clinton commencent tout juste à ranger leurs pancartes, à replier leurs tee-shirts, et les observateurs politiques cherchent déjà les responsables du fiasco. Et, c'est vers son mari que les premières attaques fusent. Bill Clinton était considéré, depuis la fin de ses deux mandats de président en 2000, comme l'ancien chef d'Etat le plus populaire dans son pays, voire dans le monde entier. Après quinze mois de campagne auprès de sa femme, il n'en est plus rien. En février 2007, selon un sondage du Washington Post, il bénéficiait de 61. Dans le même laps de temps, les opinions négatives sont passées de 37 à 51%.
Pour beaucoup, l'ancien président, habitué aux joutes électorales, a perdu la main et a accumulé les gaffes. Chargé de donner les coups contre Barack Obama, il n'a pas hésité à le qualifier de "candidat des noirs", n'aidant pas sa femme à faire l'unité autour d'elle. Al Sharpton, un révérend noir très respecté aux Etats-Unis, lui avait alors conseillé de "la fermer" et de cesser les attaques raciales envers le sénateur de l'Illinois. Pour de nombreux commentateurs, c'est lui qui a mis la question raciale au centre de la campagne.
"Des femmes sur la route"
Dans son numéro de juillet, déjà disponible sur Internet, le mensuel Vanity Fair enfonce le clou. Todd Purdum, qui a suivi Bill Clinton pendant plus de quinze ans et qui est marié à son ancienne secrétaire de presse Dee Dee Myers, y fait un long portrait peu élogieux de l'ancien président. Pour lui, Bill Clinton a "sali la campagne de sa femme sous couvert de la sauver". Il dépeint un homme au "narcissisme caverneux", qui a en lui une "rage surprenante" et qui cultive une "hargne" chronique envers Barack Obama. Citant plusieurs dizaines de sources, souvent anonymes, le journaliste raconte comment un de ses anciens assistants a conseillé à Bill Clinton de changer de comportement dans l'intérêt de la campagne de son épouse, car il "voyait apparemment beaucoup de femmes sur la route".
Toujours selon l'auteur, il aurait été aperçu en compagnie de l'actrice Gina Gershon en Californie. Celle-ci a formellement démenti ces accusations, mais Purdum et son rédacteur en chef ont confirmé l'information. De plus le journaliste avance d'autres écarts : une femme près de New York, une autre dans un bar de la station d'hiver d'Aspen et un "magnifique entourage" dans un ascenseur encore à New York. Il aurait ainsi additionné les conquêtes depuis 2004 et son opération du coeur.
Le journaliste estime que l'ex-président vit désormais dans un monde de luxe, de jets privés, d'amis très riches, de "fans" et que cela lui a tourné la tête. Les Clinton ont quité la Maison blanche en 2000 avec une dette de 12 millions de dollars. Huit ans plus tard, ils ont gagné près de 109 millions de dollars. Une somme incroyable qui a fait du tort à Hillary, lorsqu'elle a dû rendre publique sa déclaration de revenus.
L'article n'a pas laissé l'ancien président de marbre. Il a qualifié Todd Purdum de "type vraiment visqueux", "malhonnête" et d' " ordure". Ce portrait, "outrageusement injuste", ferait "partie de la tentative des médias nationaux de mettre Hillary au pilori au profit d'Obama. C'est tout simplement la couverture médiatique la plus partiale de l'histoire", a-t-il réagit auprès du Huffington Post. Des propos très véhéments qui ont choqué aux Etats-Unis. C'est évident, le gentil et populaire Bill Clinton n'est plus le même.
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