Clinton n'a pas tourné la page
Publié le 08 août 2008 à 17h40 par
Nouvel épisode dans le feuilleton de l'élection présidentielle américaine. Après s'être retirée de la course à l'investiture démocrate et avoir manifesté son soutien à son rival Barack Obama, Hillary Clinton s'affiche dans une vidéo, prise à son insu, qui circule sur Internet. Sur les images, elle semble vouloir rester en lice, en exerçant une pression. De quoi raviver des tensions presque apaisées dans le camp démocrate.

Barack Obama et Hillary Clinton s'affichaient pour la première fois ensemble et "unis" dans la ville de Unity, le 27 juin. (Reuters)
Les tensions entre les deux candidats à l'investiture démocrate seraient-elles en train de renaître? On a en tous cas frôlé l'incident diplomatique entre Barack Obama et Hillary Clinton. Une vidéo, qui circule sur Internet, montre la sénatrice de New York, filmée à son insu, demandant que ses partisans soient "entendus" et que leurs choix soient "respectés" lors de la convention démocrate qui doit désigner officiellement Barack Obama comme le candidat démocrate à la Maison blanche. De quoi faire à nouveau douter de l'unité chez les démocrates.
"J'ai tendance à croire que nous sortirons plus forts si nos partisans sont entendus et si leurs opinions sont respectés", peut-on entendre sur la vidéo, prise lors d'une collecte de fonds en Californie, fin juillet. Elle déclare ensuite que "tout le monde doit être derrière le sénateur Obama. Beaucoup de gens croient que c'est la meilleure façon d'avancer", justifie-t-elle, avant d'ajouter qu'"aucune décision n'a été prise pour le moment". Enfin, à la question d'un partisan qui souhaitait savoir si elle songeait à inscrire son nom sur les bulletins de vote lors de la Convention nationale démocrate, elle répond qu'elle "considère l'option". En effet, elle devrait prendre la parole le 26 août et pourrait demander que les délégués qui lui sont favorables puissent voter pour elle. Si Barack Obama compte suffisamment de délégués pour remporter l'investiture, un tel scénario pourrait marquer définitivement une division au sein du camp démocrate.
Unité ambigüe
Après des mois d'affrontements entre les deux candidats, Hillary Clinton a décidait d'abandonner la course à l'investiture début juin, apportant alors son soutien timide au sénateur de l'Illinois. L'objectif, ensuite, était d'afficher une unité de façade. Une unité difficile à rendre crédible suite aux échanges virulents auxquels ils s'étaient livrés jusqu'alors. Ainsi, le 27 juin, Barack Obama et l'ex-candidate s'affichaient ensemble lors d'une conférence à Unity (New Hampshire). Suite à cette vidéo, il fallait donc immédiatement réagir. Aussi, dès le 7 août, un communiqué conjoint affirme que les deux équipes "travaillent en commun" pour le succès du candidat démocrate en novembre. "Lors de la convention, nous ferons en sorte que les voix de tous ceux qui ont pris part à ce processus historique soient respectées et que notre parti soit totalement uni pour l'élection de novembre", pouvait-on lire.
Deux mois après l'annonce par la sénatrice de son soutien à son rival, l'"unité démocrate" laisse toujours perplexe. Si Hillary Clinton n'a aucune chance d'obtenir l'investiture à la convention démocrate, elle a cependant les moyens de peser suffisamment pour exiger une place importante au sein du parti démocrate. Deux anciens collaborateurs d'Hillary Clinton ont déjà pris la décision de fermer le site Internet sur lequel ils militaient activement pour le rapprochement des deux anciens prétendants démocrates à la Maison blanche. La raison: la décision du sénateur de l'Illinois d'offrir à Clinton une place de choix dans le programme des discours est le signe manifeste, selon eux, qu'Obama ne la prendra pas comme candidate à la vice-présidence. Ce dernier a clairement laissé entendre cette semaine qu'il souhaitait un co-listier susceptible de l'aider à changer la manière dont les choses sont conduites à Washington.
En attendant, Hillary ne baisse pas totalement les bras quant à ses chances d'accéder à la Maison blanche. Elle garde sûrement en tête l'idée d'un scénario à la Kennedy: le 23 mai, en Dakota du Sud, interrogée sur ses chances minimes d'y arriver, elle a répondu que son mari n'avait été investi qu'en juin, "et on se souvient tous que Bobby Kennedy a été assassiné en juin en Californie", en 1968, alors qu'il était candidat aux primaires. Pour un journaliste du Washington Post qui analysait la réplique, "c'est presque l'aveu d'un désir dissimulé". Et elle n'était peut-être pas si loin de la réalité: des agents du Secret Service ont arrêté, samedi 2 août, un homme de 22 ans qui menaçait de tuer Barack Obama. Des armes à feu, des munitions et des armes blanches ont été saisies dans sa chambre d'hôtel de Miami où il séjournait. L'homme aurait déclaré devant des témoins: "Si ce nègre est élu, je l'assassinerai moi-même".
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