Clinton remanie pour se relancer
Publié le 11 février 2008 à 11h55 par
Mise en difficulté par Barack Obama, qui a remporté les quatre dernières primaires démocrates, dont celle du Maine dimanche, Hillary Clinton cherche l'électrochoc. La sénatrice de New York a remplacé hier sa directrice de campagne, espérant donner un nouvel élan à sa candidature à l'investiture pour la présidentielle, alors que se profilent mardi trois nouveaux scrutins.

En perte de vitesse, Hillary Clinton cherche à reprendre pieds dans la campagne. (Reuters)
En sursis depuis la troisième place d'Hillary Clinton dans le caucus de l'Iowa début janvier, la directrice de campagne de la candidate à l'investiture démocrate pour la présidentielle n'a pas survécu aux trois nouvelles défaites enregistrées samedi dans le Nebraska, l'Etat de Washington et en Louisiane. Dimanche, Patti Solis Doyle, collaboratrice de longue date de Clinton a donc cédé sa place à Maggie Williams, qui officiait comme directrice de cabinet lorsque la sénatrice était la première dame des Etats-Unis.
De l'autre côté de l'Atlantique, ce bouleversement à la tête de la campagne ne surprend qu'à moitié. Le caucus de l'Iowa, le 3 janvier, avait déjà failli coûter sa place à Doyle, qui n'avait dû de rester en poste qu'à la victoire dans la primaire du New Hampshire, cinq jours plus tard. Mais l'ancienne directrice de cabinet avait déjà été appelée en renfort, et la campagne Clinton pâtissait depuis d'une direction bicéphale manquant singulièrement de transparence. "Il y avait beaucoup d'insatisfactions quant à la manière dont les choses se passaient sur le terrain. Il n'y avait personne pour les diriger", explique une source interne citée lundi par CNN. Depuis un mois, Williams se comportait comme une directrice de campagne, sans en avoir le titre, et les responsabilités s'en trouvaient diluées: alors que les conseillers mineurs s'adressaient à Doyle, les principaux s'en référaient à Williams.
Contrer le "momentum" d'Obama
La démission de Doyle qui reste dans l'équipe de campagne intervient à un moment charnière de la campagne. Car après avoir mieux que tenu la comparaison lors du Super Tuesday, l'adversaire d'Hillary Clinton, Barack Obama, est porté par une vague de succès que l'ex-première dame ne parvient pas à endiguer, ce que les Américains appellent "momentum", un élan décisif. Vainqueur de douze Etats le 5 février, il a remporté tous les scrutins organisés depuis. Et la tendance pourrait se confirmer ce mardi, avec trois nouvelles primaires dans le Maryland, en Virginie et dans le District of Columbia, au cours desquelles quelque 200 délégués seront désignés.
Ce changement à la tête des équipes traduit aussi, outre sa difficulté dans les scrutins, les dysfonctionnements chroniques dans la campagne d'Hillary Clinton. Elle est notamment très en retard dans la levée de fonds par rapport au jeune sénateur de l'Illinois, alors qu'une campagne coûte extrêmement cher aux Etats-Unis de par l'étendue du territoire à couvrir et les actions de communication à multiplier, même si elle a réussi à réunir 10 millions de dollars depuis une semaine. Si elle fait virtuellement de très peu la course en tête elle est devancée par Obama au nombre de délégués élus, mais aurait les faveurs des superdélégués (dont les votes ne sont qu'estimés, puisqu'ils ne sont pas tenus de s'engager publiquement) , Clinton est à la recherche de sa domination perdue. Car en cas d'échec mardi, la campagne pourrait prendre un tour décisif et porter Barack Obama à la présidentielle.
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