La trêve du 11-Septembre
Publié le 11 septembre 2008 à 23h07 par Nicolas MOSCOVICI
Tout un symbole. Jeudi soir, Barack Obama et John McCain, qui avaient décidé de suspendre la campagne présidentielle, se sont recueillis côte à côte sur le site de Ground Zero, sept ans jour pour jour après les attaques du 11-Septembre. Un peu plus tôt, devant le Pentagone, George Bush avait lui rendu hommage aux soldats américains qui combattent en Irak et en Afghanistan.

John McCain et Barack Obama ont scellé l'union sacrée en ce jour si particulier. (Reuters)
Unis dans le recueillement. Aux alentours de 22h30 (16h30 à New York), Barack Obama et John McCain, qui était accompagné par son épouse, Cindy McCain, se sont présentés sur le site de Ground Zero. Après avoir salué quelques pompiers et sauveteurs locaux, les deux hommes ont lancé une rose dans le "Bassin du souvenir", déjà recouvert par d'innombrables fleurs, et construit à l'endroit où il y a sept ans jours pour jour, 3000 personnes avaient trouvé la mort dans l'attaque des tours du Word Trade Center (WTC). Comme chaque 11 septembre depuis ce funeste jour de 2001, c'est toute l'Amérique qui s'est ressoudée autour de la mémoire des victimes. Y compris les deux candidats à la Maison blanche, qui avait décidé d'enterrer pour 24 heures la hache de guerre et de suspendre leur campagne électorale. Aucun des deux n'a d'ailleurs pris la parole ce jeudi, meilleur moyen pour eux de ne pas briser cette union sacrée et de mettre entre parenthèses leurs divergences sur l'engagement américain en Afghanistan, et surtout en Irak.
Bush, dernière
A l'initiative du déploiement de l'US army dans ces deux régions du globe, conséquence directe des attentats du 11-Septembre, George Bush s'est en revanche plié à un autre protocole. Après avoir inauguré devant le Pentagone, autre cible des terroristes il y a sept ans, un parc à la mémoire des 184 victimes tués à cet endroit, le président américain s'est exprimé sur cette attaque qui "a changé la face du monde à tout jamais". Accusé, y compris dans son propre camp, de ne pas avoir utilisé les bons procédés pour enrayer le terrorisme international, le locataire de la Maison blanche, qui livrait là l'un des ses derniers grands discours à la Nation, s'est accroché à de rares certitudes. "Aucune attaque n'a été perpétrée sur notre sol depuis 2557 jours", a ainsi déclaré George Bush sous les applaudissements de la foule, avant de rendre un vibrant hommage aux "soldats (qui) portent à l'étranger la guerre contre les terroristes, pour que nous n'ayons plus à les affronter chez nous".
Plus tôt, sur le site de Ground Zero - où doit s'élever dans les prochaines années une flèche de 541 mètres, baptisée Tour de la Liberté - un militaire en uniforme a, comme chaque année, fait tinter une cloche à 8h46 précises (heure locale), soit au moment où le 11 septembre 2001, le premier Boeing 767 percutait la tour nord du WTC. Le maire de New York, Michael Bloomberg, puis des proches des victimes, ont ensuite pris la parole, avant que la cloche ne retentisse à nouveau, à 9h03 très exactement, à l'heure où un deuxième avion perforait la tour sud et plongeait le monde entier dans l'effroi (elle se fera entendre une dernière fois afin de marquer l'effondrement des tours). Le nom des 3000 civils qui ont péri dans la plus meurtrière attaque sur le sol américain depuis celle de Pearl Harbor en 1941, ont alors été solennellement égrenés, devant une assistance souvent émue aux larmes.
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