Obama, la crise et les sondages
Publié le 02 octobre 2008 à 11h23 par Christophe ISRAËL
Dans le contexte de crise qui touche les Etats-Unis, Barack Obama prend l'avantage dans la course à la Maison blanche. A un mois de la présidentielle, le candidat démocrate s'envole dans les sondages, pointant en tête dans des "swing states" décisifs. Si la crise risque fort d'hypothéquer la marge de manoeuvre du futur président, elle est pour l'heure un enjeu déterminant de l'élection.

Obama, en pleine pente ascendante dans les sondages, surfe sur la crise. (Reuters)
Avantage Obama. Le candidat démocrate à la Maison blanche survole toutes les dernières enquêtes d'opinion. Pew Research Center, Time, l'université Quinnipiac, CNN et un sondage CBS/New York Times, toutes les enquêtes sont unanimes : le sénateur de l'Illinois est en position très favorable pour remporter l'élection de novembre. Tous créditent Barack Obama d'une solide avance sur son adversaire démocrate John McCain, de 5 à 9 points selon les sondages. Une poussée forte qui confirme qu'Obama tire bien mieux son épingle du jeu que McCain dans le contexte doublement tendu de crise financière et bancaire aux Etats-Unis.
Sur l'ensemble du pays, l'enquête du Pew Research Center accorde sept points d'avance à Barack Obama à 49 pour son adversaire. Le magazine Time crédite Barack Obama de 50 au sénateur du l'Arizona et l'étude du New York Times et CBS donne John McCain en retard de 9 points (40 contre 49 d'intentions de vote en Floride -où s'était décidée l'élection de 2000-, contre 43 contre 42-39 d'Américains estiment en effet que la gouverneure de l'Alaska "n'est pas à la hauteur" du poste qu'elle brigue.
Obama récolte les fruits de la division
L'attitude de Barack Obama dans la gestion de la crise financière et bancaire est sans nul doute l'élément principal qui explique la poussée du candidat démocrate. Plus que son implication directe il a certes participé à la réunion d'urgence convoquée par Bush, mais n'a pas interrompu sa campagne comme l'a fait McCain-, le sénateur démocrate a récolté les fruits de la division du parti adverse. Le rejet, lundi, du plan Paulson par la Chambre des représentants du fait de l'opposition des deux-tiers des députés républicains - outre le désaveu cinglant infligé à George W. Bush par son propre camp-, a en effet donné l'impression d'une joyeuse pagaille.
Si les députés ont certes voulu exprimer les réticences de l'électorat de base (Main Street) à éponger les frasques des financiers (Wall Street), ils n'ont pas su rassurer la grande majorité des Américains. Incapables de se résoudre à dépasser les clivages idéologiques traditionnels, fût-ce en cas d'impérieuse nécessité, les représentants républicains n'ont pas apporté aux futurs électeurs les garanties qu'ils attendaient. Obama, lui, en se montrant capable de se rapprocher du camp adverse quand les conditions l'exigent, a su donner des gages de sa capacité à fédérer, au-delà de sa propre famille politique. Après sa bonne performance télévisée de vendredi dernier, le sénateur de l'Illinois ne pouvait donc rêver mieux. A J-33, la route jusqu'à la Maison blanche reste longue, même si elle est pour l'instant pavée de bonnes intentions (de vote). Comme l'enfer.
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